Cobra’s Fang

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Le Cobra’s Fang était la semaine passée le sujet du challenge des cocktails tiki sur Instagram, challenge lancé par el_nova_1. C’est toujours l’occasion pour moi de découvrir des cocktails et de réaliser de nouvelles recettes.

Ce cocktail a été inventé par Don The Beachcomber en 1937 apparemment et il existe de nombreuses versions. Don est le premier à avoir ouvert un bar tiki en 1933 à Los Angeles, s’inspirant des décors polynésiens et servant des cocktails exotiques, à base de rhum et de jus de fruits.

J’ai utilisé la recette renseignée dans Tiki drinks de Nicole Weston et Robert Sharp, qui s’éloigne un peu d’autres recettes trouvées sur le net, incluant du sirop de fruits de la passion:

  • 1 1/2 oz de rhum vieux (Appelton Extra, rhum jamaïcain de 12 ans)
  • 3/4 oz de rhum overproof (Plantation Original Dark Overproof)
  • 1/2 oz de jus de citron vert pressé
  • 1/2 oz de jus d’orange pressé
  • 1/2 oz de falernum (recette maison)
  • 1/2 oz de sirop de sucre épicé à la vanille, aux clous de girofle et à la cannelle (n’ayant pas cela sous la main, j’ai mélangé du sirop de vanille à du sirop de cannelle)
  • 1/4 oz de liqueur de marasquin Luxardo

Mélanger tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons. Servir dans un verre rempli de glace pilée. Décorer avec un petit cobra découpé dans une peau d’orange et agrémenté de clous de girofle pour les yeux et d’un brin de menthe. A déguster dans la jungle !

Difficulté: ****

Goût: Venimeux comme les cobras, ce cocktail a un goût prononcé, un peu piquant et très complexe. Les jus de fruits arrivent à peine à masquer les différents rhums et la liqueur de marasquin donne une touche fumée. La note finale se rapproche du café.

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Piña Colada

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La piña colada est un de ces cocktails classiques, souvent servis et souvent mal réalisés. Un peu simple aussi et très sucré. En fait, il va à l’encontre des règles du cocktail en n’intégrant pas d’élément acide, comme du jus de citron. Et pourtant il a connu un succès planétaire. Le nom veut tout simplement dire « ananas pressé », en référence au jus utilisé dans la préparation.

Son origine est controversée, comme souvent. Trois barmen portoricains revendiquent sa paternité. Mais une chose est sûre: la création de la piña colada est tout liée à un ingrédient: le Coco Lopez, une crème de coco sucrée créée à Porto Rico. Ramón ‘Monchito’ Marrero Pérez raconte avoir réalisé ce cocktail pour la première fois le 15 août 1954 au Beachcomber Bar du Caribe Hilton de San Juan. Cet établissement servait déjà un cocktail très proche, à base de crème de coco fraîche, pour souhaiter la bienvenue aux vacanciers. Son collègue Ricardo Garcia raconte que c’est lui le créateur du cocktail. Peut-être s’agit-il tout simplement d’un travail de groupe, entre membres du staff de l’hôtel. Ramón Portas Mingot qui travaillait au restaurant Barranchina de San Juan déclare l’avoir inventé en là en 1963. Il devient très populaire surtout dans les années 1970 avec son côté milkshake au coco et à l’ananas. En 1978, il est nommé « boisson nationale » de Porto Rico.

Evidemment, avec des ingrédients aussi simples et courants pour la région, il est bien possible que ce cocktail existait déjà auparavant, notamment auprès des pirates qui régnaient en maîtres dans les mers des Caraïbes. Une histoire raconte que Roberto Cofresi aussi connu sous « El Pirata Cofresi » donnait à son équipage une boisson à base de rhum blanc, jus d’ananas et noix de coco pour l’encourager. Il y a quelques mentions du nom dans les années 1920 mais sa popularité monte en flèche dans les années 1960 et 70, pour finalement retomber bien bas après les mélanges plus que douteux des années 80, à base de sirops au goût artificiel et d’alcools bas de gamme.

Je suis en peu en retard avec ma recette: la journée du Piña Colada est le 10 juillet dans les îles.

Ma recette est celle citée dans Potions of the Caribbean de Jeff Berry

  • 2 oz de rhum blanc cubain (Havana Club Añejo 3 Años)
  • 1 oz de crème de coco Coco Lopez
  • 1 oz de crème épaisse (j’ai remplacé ces deux ingrédients par 1,5 oz environ de lait de coco, ce qui n’est habituellement pas recommandé dans une Piña Colada mais cela fonctionne)
  • 6 oz de jus d’ananas non sucré (jus frais Materne)
  • 4 oz de glace pilée

Mettre tous les ingrédients dans un blender et mixez pendant 15 secondes. Verser dans un grand verre (j’ai trouvé le mien chez Ikea). Décorer avec quelque chose de joli ! Ou verser le tout dans un ananas évidé. Le blender doit être robuste et la glace pilée. Avec des glaçons entiers, vous risquez une surchauffe de l’appareil s’il n’est pas assez puissant.

Difficulté: ** Si on oublie le Coco Lopez et qu’on prend du lait de coco, c’est un cocktail très facile.

Goût: très crémeux (plus qu’assez pour moi, en tous cas – j’ai bien fait de ne pas rajouter de crème !). Ananas, rhum et coco sont un trio gagnant, quoique facile et sans beaucoup de complexité.

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Ephemeral

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L’Ephemeral est un de ces cocktails qui donne envie d’expérimenter… pour finalement revenir à la recette d’origine. Créé par David Shenaut du Teardrop Lounge à Portland en 2009, l’Ephemeral inclut des bitters au céleri. Ceux-ci avaient été apportés au bar par un ami et client régulier, Matthew Schuler. La base du cocktail est un martini (vermouth + gin) mais il est transformé par deux ingrédients: le bitter au céleri et la liqueur de sureau. Les doses sont minimes et j’ai voulu savoir comment ces deux éléments influaient sur le goût du cocktail en forçant les doses au fur et à mesure de ma dégustation. C’est une manière intéressante de goûter un cocktail et de se dire que finalement la recette d’origine est la meilleure, la plus subtile surtout. Car c’est de subtilité qu’il s’agit ici.

La recette, trouvée dans le PDT Cocktail Book de Jim Meehan:

  • 2 oz de Ransom Old Tom Gin (un gin à l’ancienne, du Hayman’s dans mon cas)
  • 1 oz de vermouth blanc Dolin (le vermouth que Martini a copié en créant son Bianco, mais pas aussi bien)
  • 1 cuillère de bar de liqueur de sureau Saint-Germain
  • 1 trait (dash) de bitter au céléri The Bitter Truth

Mélanger le tout dans un verre avec des glaçons, verser dans un coupe refroidie, garnir avec un zeste de pamplemousse (que j’ai oublié en dernière minute – dommage !)

Difficulté: *** une recette à essayer avec les ingrédients exacts pour avoir ce goût précis. Des expérimentations sont possibles par la suite. (En fin de billet, je vous indique où j’ai trouvé mes ingrédients.)

Goût: un martini adouci par le gin old tom et le vermouth Dolin, avec une touche florale venant du sureau et une touche venant du potager avec le bitter au céleri. Très subtil et équilibré.

J’aime beaucoup expérimenter avec les effets d’Hipstamatic pour mes photos. Je vous propose donc deux autres photos parce que j’ai eu du mal à choisir cette fois-ci !

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Pour la Belgique, la liqueur Saint-Germain se vend au Delhaize, le Hayman’s Old Tom Gin vient du Chemin des Vignes (Stockel et Uccle), le vermouth Dolin et les bitters (qui sont inclus dans un coffret contenant cinq mini-bouteilles) viennent de Bier en Wijnhuis (Bertem). Ces deux magasins ont un site en ligne.

Images du passé (II): le Kahiki

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Le Kahiki Supper Club est un restaurant légendaire dans le monde du tiki. Implanté en Ohio, dans une région couverte de neige une partie de l’année, ce palais tropical était extravagant en taille et au point de vue décor. Une immense cheminée en forme de Moai dominait une des pièces sur trois étages de hauteur. Il a été créé par Bill Sapp et Lee Henry au début des années 1960 et fermé en 2000.

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Photos venant des sites suivants: Columbus Restaurant History (1-4), Pinterest (5), Columbus Underground – un article avec plus d’infos (6)

Sauvetage de la cheminée lors de la fermeture:

 

Polynesian Spell

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Parfois, le cocktail du jour vient d’un ingrédient qu’on a par hasard et qu’il faut terminer. Dans ce cas-ci, c’était du jus de raisin qui m’a servi pour préparer des cerises au marasquin. J’ai donc cherché un cocktail en contenant mais c’est plutôt rare. J’ai trouvé le Polynesian Spell, créé par Sandro Conti, barman du Kahiki, Columbus, Ohio, vers 1961. Le Kahiki est l’archétype du grand restaurant et club tiki de l’époque. La nourriture n’y était pas mémorable mais le décor l’était. Je vous prépare quelques photos dans un billet futur. Il est aujourd’hui détruit et remplacé par un drugstore.

  • 1 oz de jus de raisin rouge
  • 3/4 oz de jus de citron pressé
  • 1/4 oz de triple sec (Cointreau)
  • 1/4 oz de brandy à la pêche (liqueur de pêche Monin)
  • 1/2 cuiller à thé de sirop de sucre
  • 1 1/2 oz de gin (Beefeater)

Mélanger le tout dans un shaker avec des glaçons. Servir dans un joli verre et décorer avec par exemple une cerise et un brin de menthe.

Difficulté: *** A part la liqueur de pêche (et encore), tous les ingrédients se trouvent facilement. Et tout se mélange en une fois.

Goût: trop sucré à mon goût, avec des notes de pêche et d’orange, une touche d’acidité et le côté aromatique du gin. Un peu fade, en fait. Un cocktail qui ne rentrera pas dans mon répertoire de favoris.