Queen Snake

Queen Snake

Je suis parfois attirée par des recettes assez spéciales, où je me demande vraiment quel goût le mélange peut avoir. Dans le cas du Queen Snake, un cocktail créé par Shannon Tebay (Death & Co, New York), il ne me manquait qu’un seul des ingrédients fort peu usuels: la blanche d’armagnac. Un de mes amis s’est mis sur le coup et m’a trouvé une bouteille (qu’on a partagée) d’armagnac de la marque Gelas. C’est d’ailleurs lui qui m’avait aussi ramené la liqueur de sapin de Pontarlier, liqueur que j’avais notée à l’époque pour certains cocktails dont j’ai aujourd’hui perdu la trace (il faudrait que je les retrouve). Quant au Lichi Li, c’est une liqueur que j’avais adoptée dès mes débuts en cocktails, sucrée et fruitée, mais très équilibrée.

La recette vient du site Punch:

  • 4,5 cl (1,5 oz) de blanche d’armagnac, de préférence Cobra Fire Eau de Vie de Raisin (Armagnac Single White à 60° de Gelas)
  • 1,5 cl (0,5 oz) de Clear Creek Douglas Fir Eau de Vie (Le Vert Sapin de la distillerie Pierre Guy de Pontarlier)
  • 2 cuillères à thé de liqueur de litchi, de préférence du Lichi Li de Giffard
  • 1 cuillère à thé de crème de cacao, de préférence Marie Brizard (Monin)
  • 1 quartier de citron vert

Presser le quartier de citron dans un verre de type Sazerac (ou old fashioned, ou à whisky). Ajouter tous les autres ingrédients et mélanger. Terminer en ajoutant des glaçons.

Difficulté: **** parmi les ingrédients, seule la crème de cacao est utilisée de temps en temps. Pour le reste, c’est plutôt compliqué.

Goût: un cocktail dont le goût est dominé par l’armagnac, heureusement adouci par le litchi, le cacao et le sapin. Il m’a fallu un moment pour m’habituer à ce mélange un peu bizarre mais au final, ce n’était pas si mal. Je pense par contre qu’un armagnac moins fort pourrait être plus adéquat.

Hold up

Hold Up

Quand je suis rentrée de vacances, j’avais envie de réaliser un cocktail au rhum mais ne comportant pas les mille ingrédients du tiki. Je me suis baladée sur un de mes sites favoris, Punch, pour trouver des idées et j’ai noté ce Hold up, un cocktail créé par Alex Anderson (Cure, La Nouvelle-Orléans). Elle s’est inspirée d’un cocktail ancien, le Culross Cocktail publié dans le Savoy Cocktail Book mais elle a modifié sa composition en remplaçant la liqueur d’abricots par du pamplemousse.

  • 2,2 cl (0,75 oz) de rhum jamaïcain, de préférence du Hamilton Jamaican Pot Still Gold rum (Rum Nation Jamaïque 8 ans)
  • 2,2 cl (0,75 oz) de Tempus Fugit Kina L’Avion
  • 2,2 cl (0,75 oz) de liqueur de pamplemousse, de préférence Giffard Crème de Pamplemousse Rose (liqueur de pamplemousse maison)
  • 2,2 cl (0,75 oz) de jus de citron
  • 14 gouttes de bitters au céléri (The Bitter Truth)
  • un zeste d’orange pour la garniture

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Verser dans une coupe refroidie. Exprimer le zeste d’orange puis le jeter.

Difficulté: **** un ingrédient plus rare, le Kina de Tempus Fugit, mais tout à fait trouvable dans un magasin spécialisé ou sur le net. Et puis un rhum jamaïcain de qualité et une liqueur fruitée qu’il y a moyen de réaliser soi-même.

Goût: un cocktail citronné et amer à la première gorgée mais qui laisse apparaître des épices, les arômes de banane du rhum apportant une belle rondeur. Bien équilibré et très agréable à boire.

The Eliza

The Eliza

The Eliza est un cocktail créé par Devon Tarby en 2016, inspiré du French 75.

La recette vient de Cocktail Codex:

  • 1,5 cl (0,5 oz) de gin Aviation (Tanqueray Bloomsbury)
  • 0,7 cl (0,25 oz) d’eau-de-vie Clear Creek à la poire (Bestilo, eau-de-vie hongroise)
  • 0,7 cl (0,25 oz) de liqueur de cassis noir de Bourgogne Giffard (Supercassis Védrenne)
  • 1,5 cl (0,5 oz) de jus de citron
  • 1,5 cl (0,5 oz) de sirop de sucre
  • 1 trait de bitters à la lavande Scrappy’s
  • 12 cl (4 oz) de vin mousseux sec frais (prosecco)

Mettre tous les ingrédients sauf le vin mousseux dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans une flûte à champagne et ajouter le vin mousseux, le mélangeant rapidement avec une cuillère de bar.

Difficulté: *** divers ingrédients mais rien de très compliqué à trouver, sauf peut-être le bitter qui est moins courant mais qui pourrait être remplacé par un bitter classique (Angostura)

Goût: un cocktail frais et pétillant, au goût fruité et floral, avec de subtiles notes de poire. Personnellement, je l’ai trouvé un peu confus.

Tongan Rhum Swizzle

Tongan Rhum Swizzle

Le Tongan Rhum Swizzle est une recette de Marie King, mixologue et bar manager des deux enseignes du Tonga Hut (Los Angeles et Palm Springs). Elle est décrite dans Minimalist Tiki:

  • 3 traits de bitters Angostura
  • 2,2 cl (0,75 oz) de jus de citron vert
  • 3 cl (1 oz) de jus de pamplemousse blanc
  • 1,5 cl (0,5 oz) de sirop de cannelle (Monin)
  • 0,7 cl (0,25 oz) de pimento dram (The Bitter Truth)
  • 4,5 cl (1,5 oz) de rhum agricole blanc (le livre conseille du J.M. Blanc 50, j’ai utilisé du Bologne à 50°)
  • de la menthe pour décorer

Mettre tous les ingrédients dans un verre collins, compléter avec de la glace pilée et utiliser un bâton lélé ou une cuillère de bar pour bien mélanger. Ajouter encore un peu de glace pilée et plusieurs traits de bitters Angostura (que j’ai oublié). Décorer de quelques brins de menthe.

Difficulté: *** tous les ingrédients se trouvent aisément chez des cavistes ou sur internet. Par contre, il est important d’utiliser du pamplemousse blanc, au goût plus acide et plus marqué que les pamplemousses roses. Ils ne sont pas en vente toute l’année – j’en ai trouvé début octobre dans mon supermarché. Quand ils sont en stock, j’en achète plusieurs – cela conserve plusieurs semaines au frigo. Je comptais également tenter la congélation du jus pour les périodes de disette.

Goût: un cocktail très équilibré mariant la cannelle et le poivre du pimento au côté herbacé du rhum et à l’acidité des agrumes. Une fois de plus, c’est un cocktail dans lequel la cannelle (que je déteste) ne me dérange absolument pas.

Daiquiri d’Ananas Cocktail

Daiquiri d’Ananas Cocktail

Le Daiquiri d’Ananas est un cocktail qui m’a accompagné tout l’été. Je l’ai préparé plusieurs fois parce que je voulais vider diverses bouteilles de rhum agricole blanc exotique (elles ne sont toujours pas vidées aujourd’hui – j’ai bu d’autres choses aussi !). Je l’ai découvert en faisant une recherche sur le site d’Imbibe, toujours pratique pour trouver de nouvelles recettes à partir d’un ingrédient particulier. Il a été créé par Erik Hakkinen qui travaille à Seattle aux Etats-Unis.

  • 4,5 cl (1,5 oz) de rhum agricole blanc (voir plus bas)
  • 2,2 cl (0,75 oz) de Caribbean Pineapple Liqueur de Giffard
  • 2,2 cl (0,75 oz) de jus de citron vert
  • 0,7 cl (0,25 oz) de sirop d’orgeat (Routin 1883)
  • une tranche de citron vert pour décorer

Mettre tous les ingrédients dans un shaker rempli de glaçons et secouer. Filtrer dans une coupe refroidie et décorer d’une rondelle de citron vert.

Difficulté: *** des ingrédients qui s’achètent dans des magasins spécialisés, cavistes ou sur le net.

Goût: un cocktail fruité et sucré au goût d’ananas se mariant avec le côté herbacé du rhum. S’il est trop sucré à votre goût, il suffit d’augmenter très légèrement la quantité de jus de citron vert. Comme je l’ai testé plusieurs fois, j’ai pu expérimenter avec plusieurs rhums agricoles. La Cuvée de l’Océan de Trois Rivières se perd un peu dans le mélange – je pense qu’un rhum agricole de 50° plutôt que 40° se comporterait mieux, comme par exemple un Neisson ou un Bologne. Par contre deux autres rhums « exotiques » ont donné de bons résultats: du Cor Cor à étiquette verte, un rhum agricole d’Okinawa et de l’Issan, de Thaïlande. Malgré leur degré d’alcool tournant autour des 40, ils sont tous deux un goût assez fort et caractéristique qui se marie bien à l’ananas.

Rational thought

Rational Thought

A vrai dire, je voulais préparer un cocktail estival mais au moment de prendre la photo, il pleuvait. J’ai donc changé mes plans et cherché une autre idée. En feuilletant le Cocktail codex que j’ai acheté récemment, j’ai été attirée par le Rational Thought, un cocktail créé par Devon Tarby (The Varnish, Los Angeles) en 2017. Il a un côté très automnal et des ingrédients qui ne sont pas très souvent associés. La base de la recette est un Sidecar mais Devon Tarby a ajouté une nouvelle palette de goûts au cocktail original.

  • 1 oz (3cl) de cognac Paul Beau VSOP (cognac Pierre Ferrand VSOP)
  • 0,5 oz (1,5 cl) d’eau-de-vie à la poire Clear Creek (Bestillo palinka, une eau-de-vie hongroise à la poire)
  • 1 oz (3cl) de curaçao Pierre Ferrand
  • 0,75 oz (2,2 cl) de jus de citron
  • 1 cuillère à thé de sirop de cannelle (Monin)

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans une coupe refroidie.

Difficulté: *** rien de très compliqué à trouver mais quand même quelques ingrédients moins usités

Goût: un cocktail d’automne original, légèrement sucré et très orangé, avec une touche de cannelle très discrète et des saveurs de poire. Dans mon premier essai, je m’étais trompée: j’avais utilisé de la crème de poire, ce qui rend le cocktail plus sucré. Ce n’est pas mauvais mais je préfère la version à l’eau-de-vie.

Port of Innsmouth

Port of Innsmouth

Je n’ai pas publié de billet ce dernier mois: ma cuisine et mon salon était en travaux et je n’ai pas eu le courage de préparer des cocktails très sophistiqués. De plus, presque tous mes verres étaient dans des cartons. Par contre, je me suis décidée à acheter le livre Minimalist tiki de Matt Pietrek et Carrie Smith malgré les frais de port élevé (et les frais de douane plus ou moins attendus). Et j’ai bien fait ! Je parlerai du livre en lui-même plus longuement par la suite mais voici déjà une recette, le Port of Innsmouth. Créé par Jason Alexander du bar tiki Devil’s Reef de Tacoma (état de Washington), ce cocktail porte le nom d’une cité imaginaire du Massachusetts imaginée par H.P. Lovecraft et qu’il citera dans plusieurs nouvelles.

  • 6 cl (2 oz) de rhum ambré Plantation Original Dark
  • 3 cl (1 oz) de jus de citron vert
  • 1,5 cl (0,5 oz) de curaçao (Pierre Ferrand)
  • 1,5 cl (0,5 oz) de sirop de cannelle (Monin)
  • 1,5 cl (0,5 oz) de « Don’s Spices #2 » ou un mélange moitié-moitié de sirop de vanille (Monin) et de liqueur pimento dram (The Bitter Truth)
  • 2 traits de bitters (Angostura)
  • de la menthe pour décorer

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons / de la glace pilée et secouer. Verser dans un grand verre ou un mug tiki, ajouter de la glace pilée et décorer avec des brins de menthe.

Difficulté: *** un seul rhum mais bien des sirops spécifiques – des ingrédients de caviste ou à commander sur un site web.

Goût: un cocktail frais et fruité, aux notes épicées, mais légèrement trop sucré au début à mon goût, quand la dilution n’a pas encore eu le temps d’agir.

 

Go-to

Go-To

Rien de tel pendant l’été et ses (fortes) chaleurs qu’un cocktail rafraîchissant. Les ingrédients idéaux sont la menthe et le concombre, ainsi que du pétillant et c’est ce qui se retrouve dans le Go-To, un cocktail de Rob Krueger du bar de Brooklyn Extra Fancy.

La recette vient du site Punch, toujours très pratique pour des recherches spécifiques par ingrédient ou pour connaître les dernières nouveautés américaines.

  • 6 cl de gin, de préférence du Ford’s (Tanqueray)
  • 1,5 cl de liqueur de sureau St. Germain
  • 2,2 cl de jus de citron vert
  • 3 tranches de concombre
  • 8-10 feuilles de menthe
  • de la ginger beer pour compléter (Fentiman’s)

Mettre le gin, le St. Germain et le jus de citron dans un shaker, ajouter des glaçons, puis la menthe et le concombre. Secouer vigoureusement et verser dans un verre collins sans filtrer. Ajouter la ginger beer.

Difficulté: ** deux étoiles pour la quantité d’ingrédients, mais rien de compliqué à trouver.

Goût: un cocktail frais et estival au goût de menthe, de concombre et de gingembre

The Erin

The Erin

Souvent, quand je choisis une recette, c’est un ingrédient particulier qui me guide. Cela faisait plusieurs mois que j’étais tentée par le China China de Bigallet. Il s’agit d’une liqueur française assez ancienne, datant de 1875, et élaborée à partir de distillation et de macération d’écorces d’oranges douces et amères. Elle n’est que légèrement amère mais surtout très parfumée par l’orange et quand je l’ai goûtée, j’ai immédiatement eu un coup de cœur.

En cherchant sur le web, j’ai trouvée cette recette nommée The Erin, créée par Toby Cecchini du Long Island Bar de Brooklyn aux Etats-Unis et relayée par le New York Times.

  • 6 cl de bourbon (Cecchini suggère de l’Evan Williams Single Barrel, j’ai utilisé du Bulleit)
  • 1,5 cl de China China Bigallet
  • 1,5 cl de vermouth rouge (Cecchini suggère du Cinzano, j’ai utilisé du Carpano Antica)
  • 1,5 cl de Suze
  • 3 traits de bitters Angostura
  • 3 traits de bitters pimento (offerts par Harouna du LIB)
  • un zeste d’orange en garniture

Mettre tous les ingrédients dans un verre à mélange avec des glaçons et mélanger. Filtrer dans un verre rocks ou old fashioned, ajouter des glaçons (j’aime beaucoup les gros glaçons sphériques) et décorer avec un zeste d’orange.

J’en ai profité pour enfin utiliser ce verre tant recherché, avec un petit Mont Fuji dans la base. Lors de mon premier voyage au Japon, j’ai cru que cela se vendait dans des magasins pour touristes autour du Mont Fuji mais c’était déjà trop tard pour moi dans mon circuit et je n’ai pas trouvé. En novembre passé, je cherchais toujours, et puis par le plus grand des hasards, Yen Pham (Yi Chan) postait sur Instagram une photo de ce verre acheté récemment. Il m’a très gentiment donné une adresse à Kyoto où j’ai trouvé « my precious ». Et contrairement à mon idée première, il ne s’agit pas d’un verre souvenir mais bien de cristal japonais « Edo », créé par une compagnie qu’on pourrait comparer à Val Saint Lambert en Belgique. Le prix était donc en conséquence mais j’étais prête à tout pour avoir ce verre !

Difficulté: *** Il est clair que le China China n’est pas un ingrédient courant, même s’il est aujourd’hui distribué par les liqueurs Giffard. J’ai trouvé ma bouteille sur le site hollandais Drankgigant (immense choix, livraison le lendemain). Quant aux bitters, je pense qu’il y a moyen de jouer avec ce qu’on possède mais le magasin LIB en vend de toutes sortes.

Goût: un cocktail délicat et équilibré, mélangeant les épices et l’orange tout en ayant une certaine amertume mais aussi de la douceur.

Tour Le Carbet

Tour Le Carbet

Dérivé du Royal Bermuda Yacht Club, le cocktail Tour Le Carbet est une création de Shannon Mustipher. Elle s’est inspirée des plages de sable noir de la Martinique et des vues du Mont Pelé, et a choisi le nom en référence à la commune de Le Carbet, lieu où a débarqué Christophe Colomb lors de son quatrième voyage et où la colonisation de l’île par les Français a commencé en 1635 avec l’arrivée d’un petit groupe d’aventuriers menés par le flibustier Pierre Belain d’Esnambuc. Il n’est donc pas étonnant que ce cocktail utilise du rhum agricole et un ingrédient français comme la Suze (qui remplace le curaçao du Royal Bermuda Yacht Club).

Une recette de Shannon Mustipher, dans Tiki. Modern tropical drinks:

  • 6 cl de rhum agricole blanc à 50° (Neisson Blanc)
  • 1,5 cl de Suze
  • 2,2 cl de falernum (recette maison)
  • 2,2 cl de jus de citron vert
  • garniture: une tranche de citron vert

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer avec une petite passoire et verser dans une coupe refroidie. Décorer d’une tranche de citron vert.

Difficulté: **(*): peu d’ingrédients mais ce ne sont pas nécessairement les plus courants, quoique – le falernum est beaucoup utilisé dans le cocktails tiki et la Suze se trouve en supermarché. Un rhum agricole à 50° s’y trouvera aussi, mais en France. En Belgique, il faudra aller chez un caviste.

Goût: un cocktail qui met en avant le caractère végétal du rhum agricole blanc, associé à l’acidité et la fraîcheur du citron, aux épices du falernum et à la gentiane légèrement amère de la Suze.