Fairbank cocktail

b217a0bfc71d8b8a7484b4e92be1c283_zpspmogwnc7

un cocktail réalisé lorsqu’il faisait encore beau dehors

Un cocktail en l’honneur de l’acteur Douglas Fairbanks ? Mais où est passé le « s » ? Son histoire n’est pas très claire: il apparaît pour la première fois dans le livre d’Harry McElhone, ABC of mixing cocktails, publié en 1922, à une époque où l’acteur était au sommet de sa popularité mais sans aucune annotation de l’auteur. Robert Vermeire qui a publié Cocktails: how to mix them la même année raconte que ce cocktail serait nommé en l’honneur du sénateur Fairbank, un ami de Président Roosevelt. Celui-ci serait en fait Charles Fairbanks, vice-président de Roosevelt et écrit avec le « s » en question. Est-il plausible qu’un cocktail ait été nommé en l’honneur d’un homme politique à une période où les gouvernants prônaient l’abstinence et la Prohibition ?

En 1930, le cocktail apparaît à nouveau dans le livre de Harry Craddock, The Savoy Cocktail Book sous le nom de Fairbanks Cocktail n°2, avec « s » et avec un référence à « Doug ». Sauf que Douglas Fairbanks ne buvait pas d’alcool !

J’ai réalisé la recette que j’ai trouvée dans Vintage spirits and forgotten cocktails de Ted Haigh.

  • 5 cl de gin (Tanqueray Bloomsbury)
  • 2 cl de vermouth dry (Dolin Dry)
  • 2 traits de bitters à l’orange (Regan’s)
  • 2 traits de crème de noyaux (Tempus Fugit)
  • 1 cerise au marasquin (maison)

Mélanger tous le ingrédients avec des glaçons dans un verre à mélange et filtrer dans un verre à cocktail. Décorer avec une cerise.

Difficulté: *** La crème de noyaux est devenue assez difficile à trouver même si certains producteurs en fabriquent encore / à nouveau. Dans ce cocktail, elle pourrait être remplacée par de l’Amaretto mais vous n’obtiendrez pas les reflets rosés.

Goût: une variation de martini aromatisé à l’amande et à l’orange dont le goût se mélange au gin et au vermouth, à l’aspect légèrement rosé. La cerise au fond du verre est un joli contrepoint à l’ensemble. Pour les amateurs de martini qui voudraient légèrement modifier le goût de base.

Cerises au marasquin

33c2966ad262196752aea141a2dad83f_zpscfkvns7p

Ingrédient indispensable pour bon nombre de cocktails, les cerises au marasquin se cuisinent très facilement. Surtout quand on sait comment sont fabriquées celles du commerce, les rouges fluo au goût artificiel: elles sont d’abord blanchies pour être ensuite à nouveau colorées. Comme c’est la saison des cerises, voici une recette testée et approuvée depuis plusieurs années, celle de Manuel Wouters.

  • 750 g de cerises (belges) avec queue (des noires sucrées – je n’ai encore jamais essayé avec des cerises du  nord, plus sûres)
  • 250 ml d’eau
  • 125 ml de jus de raisin rouge
  • 100 ml de jus de citron
  • 300 ml de liqueur de marasquin (l’occasion pour moi d’utiliser la liqueur de marasquin Giffard, qui est bonne mais qui n’a pas le goût fumé de la Luxardo)
  • 250 g de sucre cristallisé
  • 1 pincée de sel
  • 2 étoiles d’anis
  • 2 cuillères à thé d’extrait d’amande (je me suis limitée à une)

Dissoudre le sucre dans un casserole avec tous les ingrédients, sauf les cerises, l’extrait d’amande et la liqueur. Dès que de petites bulles apparaissent, ajouter les cerises et l’extrait d’amande et faire frémir doucement pendant 10 minutes (ou moins: si les peaux des cerises commencent à se friper, il est presque trop tard et il est temps de retirer la casserole du feu – cette fois-ci, cela a mis 8 minutes chez moi). Laisser le tout refroidir puis ajouter la liqueur de marasquin.

Manuel Wouters indique ensuite que cela se conserve au frigo dans un récipient fermé. Par expérience, cela se met à fermenter après une bonne semaine et ce n’est plus utilisable. Après une nuit de macération, je mets donc les cerises une à une sur un plateau, sans qu’elles ne se touchent, et je les surgèle. Une fois qu’elles sont bien dures, je les mets dans un sachet et je peux en profiter toute l’année.

une vieille photo avec le résultat de mon premier essai

Cabaret

2a2448119a57ee1724aac268b210ea12_zpsut8avnxx

Il existe un Cabaret Cocktail dans le Savoy Cocktail Book, la bible des années 30 compilée par Harry Craddock mais il ne s’agit ici pas de la même version. Mais de quand date cette recette alors ? Robert Hess qui a filmé la préparation de cette recette précise qu’elle apparaît dans le Jones Complete Bar Guide qui date de 1977. Pour le reste, je n’en sais pas plus mais je peux vous assurer qu’il s’agit d’un cocktail qui permet de découvrir et la Bénédictine sans que son goût fort ne fasse peur.

J’ai trouvé la recette dans l’application Shaken & Stirred:

  • 1 oz (3 cl) de dry gin (Bishop’s London Dry Gin)
  • 3/4 oz de dry vermouth (Dolin Dry)
  • 1/4 oz de Bénédictine
  • 2 traits de Bitters Angostura

Verser tous les ingrédients dans un verre à mélange avec des glaçons et remuer à la cuillère. Versez dans une coupe et décorer d’une cerise au marasquin.

Difficulté: *(*) Trois ingrédients faciles à trouver ! Le Dolin Dry peut être remplacé par du Martini Dry (les bouteilles vertes) ou du Noily Pratt. Pour le gin, il y aura des variations de goût selon la marque, je recommande un gin plutôt neutre (pas un des nouveaux gin fortement aromatisés – quoique – certains devraient donner des résultats étonnants) et donc le Bishop’s Gin est un bon choix.

Goût: les herbes aromatiques et les épices prédominent dans ce cocktail mais avec un certaine douceur.