Arrackiri

Arrackiri

J’ai longtemps cherché du Batavia arrack, un alcool indonésien qui était beaucoup utilisé dans le passé, notamment dans les punchs. La marque la plus connue selon les sites américains est Van Oosten – ce qui sonne hollandais – mais je n’ai jamais trouvé de bouteille. Il y a quelque temps, la petite compagnie néerlandaise By the Dutch a sorti, après un genièvre, un Batavia arrack. Cette marque n’est pas distribuée en Belgique mais il y a moyen d’obtenir les bouteilles en leur envoyant un message (via la page FB). Depuis, Delhaize a sorti un rhum indonésien qui n’est pas très éloigné de cet arrack mais il est bien plus agressif et brut en goût que celui de By the Dutch qui est très rond et agréable à boire, même pur.

L’arrack indonésien (à ne pas confondre avec celui du Sri Lanka) est un alcool de canne à sucre, comme le rhum, mais lors de sa fermentation, on y ajoute un peu de riz (rouge) local. Il est distillé en alambic selon des méthodes anciennes chinoises.

Pour une première recette avec cet alcool exotique, j’ai choisi un cocktail de l’Experimental Cocktail Club du Lower East Side, NY. Le barman Damien Aries et son équipe souhaitaient obtenir le même équilibre que dans un Last Word mais en utilisant d’autres ingrédients au goût assez prononcé.

La recette se trouve dans Experimental Cocktail Club

  • 3 cl de Batavia Arrack (By the Dutch)
  • 3 cl de jus de citron vert
  • 1,5 cl de sirop d’agave
  • 1,5 cl de Chartreuse jaune
  • 1,5 cl de mezcal (Los Siete Misterios)
  • 5 traits de teinture au piment (fait maison: laisser mariner quelques piments forts coupés en morceaux dans un alcool de base, rhum ou vodka et goûter régulièrement pour obtenir le piquant souhaité – c’est très rapide !)

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans une coupe rafraîchie et décorer d’une tranche de concombre.

Difficulté: **** des ingrédients de plus en plus utilisés en cocktail mais qui restent relativement difficiles à trouver. L’arrack By the Dutch pourrait être remplacé par le rhum indonésien du Delhaize mais le mezcal et la Chartreuse jaune ne se trouvent que chez les cavistes.

Goût: je bien avouer que je n’ai pas adoré: ce cocktail a un goût très nature, d’herbes coupées se décomposant déjà un peu. Il est en même temps piquant (j’aurais pu mettre moins de teinture) et fumé.

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Diamondback

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« diamondback » ou au choix, un serpent à sonnettes, une tortue, un revolver Colt, un missile (ou du moins son concept) américain des années 1950, des personnages de chez Marvel… bref, on n’est pas dans le domaine du délicat (sauf pour la tortue). Comment l’être quand on marie trois alcools forts en degrés et en goût, surtout la Chartreuse ?

Les recettes du cocktail ont évolué avec le temps. Il s’appelait à l’origine Diamondback Lounge Cocktail et était la boisson signature du bar de l’hôtel Lord Baltimore, situé dans la ville du même nom. Il est une référence à la tortue locale, mascotte de l’Université du Maryland. La recette apparaît pour la première fois dans Bottums up, publié par Ted Saucier en 1951 et contenait des quantités égales d’applejack et de Chartreuse. Aujourd’hui, le cocktail a tendance à être préparé avec des alcools overproof, de plus de 50° donc, mais la recette d’origine ne le précise pas.

Une recette trouvée dans The cocktail chronicles de Paul Clarke:

  • 1,5 oz (4,5 cl) de rye whiskey (Bulleit)
  • 0,75 oz  (2,2 cl) d’appeljack (Lairds)
  • 0,5 oz (1,5 cl) de Chartreuse jaune

Mélanger tous les ingrédients avec des glaçons dans un verre à mélange et filtrer dans un verre de type « rocks » ou « old fashioned » rempli de glaçons.

Difficulté: *** l’appeljack est un alcool à base de pommes et peut être remplacé par du Calvados, avec une petite nuance de goût qui peut être intéressante dans ce cocktail. J’ai choisi du rye Bulleit à 40° mais peut-être qu’un Rittenhouse 100 (50°) aurait donné plus de place au rye qui est un peu perdu dans le mélange.

Goût: un cocktail automnal, fortement alcoolisé, mettant en avant le goût de la pomme et des herbes aromatiques de la Chartreuse.

A part ça, le blog prend quelques semaines de vacances et reviendra avec de nouvelles recettes à la mi-décembre !

Alaska Cocktail

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L’Alaska Cocktail apparaît pour la première fois dans The Savoy Cocktail Book en 1930 mais est probablement plus ancien (début du 20e siècle ?). Le commentaire d’Harry Craddock ne nous éclaire pas beaucoup sur son origine: « So far as can be ascertained this delectable potion is NOT the staple diet of the Esquimaux. It was probably first thought of in South Carolina hence its name ». C’est un cocktail très simple qui combine trois ingrédients: du gin, de la Chartreuse jaune (moins alcoolisée et un peu plus sucrée que la version verte) et des bitters à l’orange. Il existe de nombreuses recettes aux proportions différentes. J’ai sélectionné celle que j’ai trouvée dans l’application Shaken & Stirred, et qui se base sur la recette de Robert Hess qui se retrouve dans The cocktail spirit with Robert Hess (vidéo). La recette de The cocktail chronicles préconise 7 cl de gin et deux traits de bitters à l’orange. Celle du Savoy propose une proportion de 3/1. A vous de trouver les proportions qui vous conviennent le mieux !

  • 1,5 oz (4,5 cl) dry gin (Tanqueray Bloomsbury – un autre London Dry gin fera l’affaire, ou même du Hendricks comme dans la vidéo)
  • 0,75 oz (2 cl) de Chartreuse jaune
  • 1 trait de bitters à l’Orange (The Bitter Truth)

Remuer dans un verre à mélanger avec des glaçons puis verser dans une coupe refroidie. Garnir d’un zeste de citron. Pourquoi ne pas utiliser de shaker ? parce que secouer ce genre de mélange ajoutera de minuscules bulles dans le cocktail et il sera moins transparent, moins joli. La règle veut qu’on mélange à la cuillère les cocktails ne contenant que des alcools, sans jus de fruits donc.

Difficulté: *** juste trois ingrédients mais deux ne se trouvent pas partout.

Goût: c’est un cocktail complexe, aux fortes notes aromatiques. Le choix des ingrédients peut transformer le goût et j’ai donc sélectionné un gin à l’ancienne, le Tanqueray Bloomsbury et parmi mes bitters à l’orange (Regan’s, Angostura et The Bitter Truth), celui qui me semblait le plus approprié, The Bitter Truth donc, dont le goût d’orange est le plus pur et naturel. Attention, c’est plutôt fort ! N’en buvez pas trop !

Unique Bird

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J’ai plusieurs bouteilles de rhum agricole blanc mais j’en bois très peu. Je cherchais donc des recettes de cocktails avec cet ingrédient mais il en existe finalement fort peu, à part le classique ti punch, très basique (rhum, sucre, quartier ou zeste de citron vert). En feuilletant The cocktail chronicles de Paul Clarke, j’ai trouvé l’Unique Bird, une création de Connor O’Brien du bar Rumba de Seattle. Je ne savais pas encore que j’étais partie pour un sacré voyage gustatif et que ce cocktail rejoindrait ma liste de favoris !

  • 2 oz (6 cl) de rhum blanc agricole (Trois Rivières Cuvée de l’Océan)
  • 1/2 oz (1,5 cl) de jus de citron vert
  • 1/2 oz  (1,5 cl) de sirop d’ananas (Giffard)
  • 1/4 oz (0,7 cl) de Chartreuse jaune

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre à cocktail ou une coupe.

Difficulté: *** peu d’ingrédients mais certains un peu plus compliqués à trouver. Dans mon cas, le rhum vient du Delhaize, le sirop Giffard de chez Tastevin (anciennement Spiriland, rue Philippe de Champagne) (Rob n’en vend pas de la marque Monin) et la Chartreuse jaune de Drankdozijn.

Goût: j’ai adoré ! ce cocktail deviendra un classique pour moi. En effet, les notes végétales du rhum agricole blanc se marient extrêmement bien avec la Chartreuse qui, présente en si petite quantité, ne domine pas le goût. Le sirop d’ananas apporte un côté bonbon sucré (comme les Sugus que je recevais chez la boulangère quand j’étais petite) et le jus de citron vert apporte l’acidité nécessaire.