Colonial

Colonial

Dans les années 1930, alors que les Etats-Unis s’enthousiasmaient pour le daiquiri, les Cubains revisitaient les recettes américaines. Le Vermouth Cocktail, jugé trop simple (un mélange de vermouth et de bitters), est complexifié et devient le Colonial grâce à l’ajout de picon, de curaçao et d’un brin de menthe.

J’ai trouvé la recette dans El gran libro del vermout de François Monti:

  • 6 cl de vermouth doux rouge (Lacuesta)
  • 1 cl de Picon (Amer Picon)
  • 0,5 cl de curaçao (Cointreau)
  • 0,5 cl de sirop de sucre
  • 1 trait de bitters Angostura
  • un brin de menthe pour la décoration de même qu’un zeste de citron

Verser tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Verser dans un verre et décorer avec un brin de menthe et un zeste de citron.

Difficulté: *(*) tous les ingrédients se trouvent en supermarché mais l’Amer Picon ne fait pas partie des ingrédients les plus utilisés en cocktail. A moins que vous n’aimiez le Picon-vin blanc ou le Picon-bière. Le vermouth Lacuesta est d’origine espagnole et je l’ai choisi tout simplement parce que la bouteille est ouverte pour le moment (et conservée au frigo pour retarder l’oxydation).

Goût: ce cocktail très léger (idéal pour les jours où on préfère ne pas boire trop d’alcool) est une bonne manière d’améliorer un vermouth, en lui donnant de nouvelles dimensions, notamment un peu plus d’amertume et une note orangée.

 

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Cuban cocktails

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Ravi DeRossi, Jane Danger & Alla Lapushchik, Cuban cocktails. 100 classic and modern drinks: ce livre est celui d’un bar new-yorkais, le Cienfuegos et non comme je le pensais, un livre sur les cocktails cubains. L’histoire de Cuba est évoquée, ainsi que celle des cocktails locaux mais les informations sont plutôt limitées (je conseille plutôt Beachbum Berry’s potions of the Caribbean de Jeff Berry – et il y a probablement d’autres livres sur le sujet). Les auteurs font un voyage parmi les cocktails classiques et plus contemporains, proposant des chapitres sur les punchs, les fizz, les daiquiris, les cocktails tiki et des interprétations modernes. Il y a des recettes originales mais aussi beaucoup de recettes recopiées d’autres barmen. Parmi ces recette originales, beaucoup ne sont que des cocktails classiques dont l’alcool principal a été remplacé par du rhum: le Manhattan devient le Club Cocktail (avec du spiced rum) ou le Pretty Princess, le Champs Elysées devient l’Arco de Triunfo, le Twentieth Century se transforme en Twentieth Century Club, le Last Word se change en Dernier Mot… Les recettes contemporaines se limitent à huit, toutes de barmen plus ou moins connus. Pour moi, ce livre est un peu facile et n’apporte pas grand chose. Je n’ai noté que quelques recettes à préparer, omettant la série des daiquiris et floriditas que je peux retrouver ailleurs (il y a juste une vraie distinction entre le Hemingway Daiquiri et le Papa Doble qui sont souvent assimilés). Richement illustré, il est cependant beau à regarder et à laisser traîner à la vue des invités qui passeraient par là.

La Florida Cocktail

9190a45b51da13785f21a772674020dbLe bar restaurant La Florida, souvent nommé « La Floridita », était un endroit populaire à La Havane, notamment fréquenté par Ernest Hemingway. Constantino Ribalaigua Vert ou « Constante », un immigré catalan, a commencé à y travailler comme serveur mais dès 1918, il était co-propriétaire du bar et il a créé de nombreux cocktails célèbres. Spécialiste du daiquiri, il a composé diverses versions à base du trio rhum, lime et sucre. Le cocktail La Florida est un exemple parmi d’autres, datant de 1938 environ. Il mêle judicieusement ces trois ingrédients (le sucre est ici remplacé par la grenadine et le curaçao) avec de la liqueur de cacao et du vermouth. Le goût est équilibré et frais, le citron est assez présent. Le cacao et le vermouth se goûtent mais ne dominent pas, ils ajoutent de la complexité au cocktail. Si vous trouvez que le cacao domine, diminuez les quantités.  Le zeste d’orange complète bien le curaçao et développe ses arômes en cours de dégustation.

  • 1 oz (ou 3cl) de rhum blanc cubain (j’ai choisi pour ma version le Plantation 3 Stars mais un Havana Club fonctionne aussi, évidemment)
  • 1/2 oz de vermouth italien blanc (Martini Bianco)
  • 1/4 oz de crème de cacao blanc (Monin)
  • 1 oz de jus de citron vert pressé
  • une cuillère à thé de curaçao orange (Cointreau)
  • une cuillère à thé de grenadine (Monin)

Mélanger le tout dans un shaker avec des glaçons, filtrer et servir dans une coupe et garnir d’un zeste d’orange.

Difficulté: ** (le plus difficile est de trouver de la crème de cacao blanc)

Goût: citronné, puis chocolaté. Très estival.