Green Swizzle

Green swizzle

Né dans les Caraïbes, le Swizzle est à l’origine un mélange de rhum et d’eau qui existe probablement depuis que le rhum a vu le jour. La disponibilité de glaçons dans la région dès la fin des années 1860 permet à la boisson d’évoluer et de se populariser. L’idée est de remuer l’alcool et la glace pilée avec un petit bâton nommé swizzle stick en anglais ou bâton (ou bois) lélé dans les Antilles françaises. Le Green Swizzle apparaît dès la fin des années 1890 et reste populaire jusque dans les années 1930, moment où il est remplacé par le Daiquiri #2 de la Floridita de La Havane. Il s’agit d’un mélange classique rendu vert par l’ajout d’une infusion à l’absinthe – des recettes plus récentes utilisent de la crème de menthe. Il est impossible d’attribuer son origine à un lieu précis; on le rencontre au Bridgetown Club de la Barbade, mais aussi au Queen’s Park Hotel de Port of Spain, Trinidad et même à la Grenade. Il n’y a pas de recette définitive: il peut être préparé à base de rhum mais aussi de gin ou de whiskey – les seules constantes sont l’alcool, la glace et les bitters à l’absinthe.

J’ai suivi les conseils de David Wondrich et préparé la recette selon ses préférences. A l’origine, telle qu’elle était publiée dans le New York Herald en 1908, il fallait refroidir le mélange avec de la glace très finement râpée et filtrer dans un verre à cocktail. Mélange qui ne contenait ni jus de citron vert, eau pétillante ou Angostura.

J’ai donc préparé la recette qui se trouve dans Imbibe de David Wondrich:

  • 4,5 cl de rhum blanc (3 cl de Banks 5 et 1,5 cl de Wray and Nephew White Overproof)
  • 3 cl de falernum (Taylors Velvet Falernum)
  • 3 cl de jus de citron vert
  • 1 cuillère de bar de bitters à l’absinthe (la recette suit)
  • 6 cl d’eau pétillante
  • 12 traits de bitters Angostura

Remplir à moitié un verre de type collins de glace pilée et ajouter tous les ingrédients sauf l’eau pétillante et l’Angostura. Remuer avec un swizzle stick ou bâton lélé en le tournant entre les mains. Ajouter l’eau pétillante et plus de glace pilée si nécessaire. Verser l’Angostura pour former un nuage rosé au sommet du verre.

Difficulté: *** il faut un rhum avec du goût, mais comme le précise Wondrich, juste du Wray & Nephew est peut-être exagéré. D’où mon mélange de deux rhums blancs. Le falernum est un classique des cocktails tiki et sera encore souvent utilisé si vous aimez ça. Quant aux bitters à l’absinthe, ils sont très simples à préparer si vous avez de l’absinthe fraîche. Il suffit de mettre 5-6 brins dans une bouteille de 75 cl de gin à plus de 50° ou de rhum blanc Wray & Nephew White Overproof et y ajouter les zestes de trois mandarines. Laisser reposer deux jours puis filtrer. Alternativement, on peut tout simplement utiliser de l’absinthe en bouteille.

Goût: un cocktail frais, épicé et légèrement amer marqué par la présence des bitters à l’absinthe et de l’Angostura.

.38 Special

.38 Special

Les dernières semaines, avec la chaleur, j’ai cherché des recettes de cocktails rafraîchissants. Je suis tombée sur ce .38 Special de Matt Seiter, créé à l’époque où il travaillait au Sanctuaria de St. Louis. C’était le mois de novembre 2009 et il voulait une boisson qui, bien que froide, vienne réchauffer les mois d’hiver avec son mélange d’épices. Elle a été conçue un peu par hasard, un soir où des policiers de Saint-Louis venaient fêter la pension d’un de leurs collègues. Buvant d’habitude de la bière, un des flics s’est posé des questions en lisant la carte des cocktails, ne comprenant pas grand chose – il ne connaissait que les vodkas aromatisées qui ne s’y trouvaient pas. Seiter a alors conçu son nouveau cocktail qui a pris le nom d’une des armes utilisées par les policiers parce que « It has a small kick to it, but can definitely cause some damage ».

La recette vient de 1210 more very good cocktails dont je n’ai pas encore beaucoup parlé ici. C’est un gros volume un peu austère mais contenant de très nombreuses recettes facilement accessibles via un index détaillé d’ingrédients. Elle apparaît aussi sur ce site, dont j’ai résumé l’essentiel de l’histoire ci-dessus.

  • 4,5 cl de rhum jamaïcain Smith & Cross
  • 1,5 cl de crème de cacao blanche Marie Brizard (Monin)
  • 0,7 cl d’allspice dram St. Elizabeth (pimento dram The Bitter Truth)
  • 1,5 cl de jus de citron
  • 1,5 cl de jus de citron vert
  • 1,5 cl de sirop de cannelle (fait maison – un mélange de sirop de sucre et de cannelle, et non pas comme dans la recette originelle un mélange de plein de choses)
  • eau pétillante

Mettre tous les ingrédients dans un shaker (sauf l’eau pétillante) avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre de type collins rempli de glaçons, compléter avec l’eau pétillante et décorer d’un quartier de citron vert.

Difficulté: **** ce cocktail n’utilise pas des ingrédients très courants mais si vous préparez souvent des cocktails tiki, le pimento dram et le sirop de cannelle sont des ingrédients relativement souvent utilisés. Le rhum Smith & Cross est un classique que je n’ai découvert que fort tard mais il ne quittera plus mon bar.

Goût: un cocktail rafraîchissant mais un peu trop sucré à mon goût (sans doute la faute de mon sirop qui n’a pas des proportions 1/1 mais 2/1, doublant donc le sucre par rapport à l’eau). Le goût du rhum jamaïcain se mélange très bien à celui des épices.

Falinum

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Créé par Martin Cate pour son ami Falin Minoru, artiste et fabricant de mugs tiki, Tiki Kaimuki. La recette vient de Smuggler’s cove: exotic cocktails, rum, and the cult of tiki:

  • 1 oz (3 cl) de jus de citron
  • 1 oz (3 cl) de crème de coco Smugglers Cove (quantités égales de lait de coco et de sirop de sucre, plus un peu de sel – dans mon cas, j’ai utilisé 1,5 cl de lait de coco et rajouté 1,5 cl de sirop de sucre au cocktail)
  • 1 oz (3 cl) d’eau pétillante
  • 0,5 oz (1,5 cl) de John D. Taylor’s Velvet Falernum (falernum maison)
  • 2 oz (6 cl) de « column still aged rum » (Malteco)
  • 1 trait de bitters à l’orange

Verser tous les ingrédients dans un blender avec 12 onces de glace pilée et mixer 3-4 secondes (oui, c’est très court mais c’est suffisant pour mélanger et aérer). Verser dans un mug Tiki Kaimuki ou un grand verre old-fashioned.

Difficulté: **(*) j’ai utilisé un rhum du Guatemala, vanillé et sucré, qui s’accorde bien aux autres ingrédients.

Goût: un délicieux cocktail épicé et crémeux, très légèrement sucré (cela pourrait être trop peu pour d’autres palais), vanillé, au goût de rhum et de noix de coco. Assez différent d’autres cocktails au lait de coco.

Paloma

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Cocktail mexicain, la Paloma  (ou la colombe) est une variante de la Margarita mais au lieu d’utiliser uniquement du jus de citron vert, c’est un long drink qui ajoute de la limonade de pamplemousse. Ses origines sont obscures, probablement anciennes. La Paloma est également une chanson interprétée dans le monde entier par les groupes les plus divers. Il existerait plus de 2000 versions dont une série ont été rassemblées sur des disques du label Trikont. Il existe également un film et un livre.

Mais revenons au cocktail: je vous propose la recette que j’ai trouvée dans Boozehound de Jason Wilson:

  • 3 oz (9 cl) de jus de pamplemousse blanc fraîchement pressé
  • 2 oz (6 cl) de tequila blanche ou silver (El Domador)
  • 1/2 oz (1,5 cl) de jus de citron vert
  • 1/2 oz (1,5 cl) de nectar d’agave
  • eau pétillante

Mettre tous les ingrédients (sauf l’eau pétillante) dans un shaker avec beaucoup de glaçons, secouer et verser dans un verre long-drink dont le bord a été trempé dans du sel. Ajouter de l’eau pétillante et décorer d’une tranche de lime.

Difficulté: * ce cocktail est en fait un mélange de limonade et de tequila, rien de bien compliqué donc. Le sirop d’agave pourrait être remplacé par du sirop de sucre (mais ça se vend en supermarché dans le rayon des sucres). Un pamplemousse rose fait également l’affaire. Quant à la tequila El Domador, c’est une tequila produite par Delhaize en collaboration avec Manuel Wouters et n’a pas à pâlir devant d’autres marques.

EDIT: une bonne limonade comme la Bionina remplacerait sans souci le jus de pamplemousse, l’eau pétillante et le nectar d’agave.

Goût: un cocktail frais et estival, au goût fumé et amer. J’avoue que je n’ai pas bien dosé le sirop d’agave et qu’il y en avait un peu trop, rendant le cocktail trop sucré à mon goût.

 

End of summer cocktail

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Je ne me considère pas comme une professionnelle du cocktail, loin de là, mais il m’arrive de ne pas suivre de recette et d’inventer de toutes pièces mon cocktail du soir. Pour celui-ci, je me suis inspirée de la fin de l’été et des mûres qui poussent dans mon jardin. J’aurais pu préparer un Bramble, avec de la liqueur de mûres, mais je voulais un long drink.

  • 5 mûres
  • 3 cl de jus de citron pressé
  • 1 cl de sirop de sucre
  • 2 cl de liqueur de sureau Saint-Germain
  • 6 cl de gin (Bombay London Dry Gin)
  • eau pétillante

Ecraser légèrement les mûres au fond du shaker, ajouter tous les autres ingrédients (sauf l’eau pétillante) ainsi que des glaçons et secouer bien fort. Verser dans un verre à long drink sans filtrer et ajouter l’eau pétillante (il restait environ un tiers du verre à remplir). Décorer avec une herbe aromatique. Dans mon cas, il s’agit de sauge ananas qui a un arôme très fin et subtil.

Difficulté: ** c’est la saison des mûres mais des mûres surgelées pourront également être utilisées. Pour le reste, rien de bien compliqué.

Goût: frais, léger, estival. Les notes de sureau dominent (un barman m’a dit que cette liqueur était l’ingrédient magique pour beaucoup de cocktails), elles se mélangent à l’acidulé du citron et des mûres. Le gin donne du corps. Rien de très complexe mais un joli cocktail à déguster lors des derniers jours chauds de l’été.

J’ai fait pas mal de photos mais aucune ne me satisfait complètement. J’aurais aimé montrer la belle couleur de ce cocktail. Ce n’est qu’après avoir bu une partie que je me suis dit qu’il aurait été plus beau photographié au soleil, près d’autres plantes. Mais les anémones sont le signe de la fin de l’été…

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Singapore Sling

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Populaires à la fin du 19e siècle, les « slings » sont en général un mélange d’alcool fort, de sucre et d’eau gazeuse. Bref, des cocktails très simples et assez primitifs. Ils ont évolué au cours du temps. Habituellement, l’histoire raconte que le Singapore Sling a été créé entre 1911 et 1915 par le barman du Raffles Hotel de Singapour, Ngiam Tong Boon. Mais il est déjà mentionné dans des journaux en 1897 et dès 1903, il est identifié comme étant de couleur rose. Dans les livres des années 1920 et 30 sont mentionnés le Singapore Sling mais aussi le Straits Sling, dont la recette est proche (par exemple celle citée en 1922 par Robert Vermeire). Les recettes qui suivent viennent de The joy of mixology de Gary Regan, la première y est nommée Singapore Sling mais est très proche du Straits Sling qui est détaillé dans Vintage spirits & forgotten cocktails de Ted Haigh.

  • 6cl de gin
  • 1,5cl de Bénédictine
  • 1,5cl de liqueur de cerise/kirsch
  • 2,2cl (difficile de traduire les oz en cl !) de jus de citron pressé
  • quelques gouttes de bitter orange
  • quelques gouttes d’Angostura bitters
  • eau pétillante pour compléter

Suite à l’occupation de Singapour par les Japonais en 1942, l’hôtel Raffles a été utilisé comme camp de transit pour les prisonniers de guerre et les notes du barman Boon ont disparu. Le manager de l’hôtel a relancé le Singapore Sling dans les années 70 mais en y incluant probablement de nouveaux ingrédients (du jus d’ananas et de la grenadine), peut-être influencé par la mode des cocktails tiki.

  • 6cl de gin Beefeater
  • 1,5cl de Cherry Heering
  • 0,7cl de Bénédictine
  • 1,5cl de triple sec
  • 6cl de jus d’ananas
  • 2,2cl jus de citron vert pressé
  • quelques gouttes d’Angostura bitters
  • eau pétillante pour compléter

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Pour réaliser la première ou la seconde recette, mélangez tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et ajouter l’eau pétillante dans un verre de type Collins (plus fins que celui sur la photo). Le Cherry Heering est une liqueur danoise à base de cerise, au goût un peu fumé. Je ne sais plus du tout où je l’ai achetée (je me souviens avoir dû la commander) et je pense qu’avec le temps, sa couleur est devenue moins rouge, plus passée. La première version propose d’utiliser du kirsch mais comme je n’en avais pas j’ai utilisé le Heering. Personnellement, j’ai une préférence pour la première version, la seconde étant trop sucrée/limonade.

Pour plus d’infos et de recettes, vous pouvez consulter l’article du Diffords Guide.

Le 4 mars 2002, j’étais à Singapour, devant le Raffles Hotel