Eponine Collins

Eponine Collins

Le weekend s’annonce tropical; je vous propose donc un cocktail très rafraîchissant. Originaire du New Jersey et officiant au bar new-yorkais Frenchette, Sarah Morrissey a concocté un collins mariant ingrédients européens, de France, d’Italie et du Royaume-Uni.

La recette vient du site Punch:

  • 1,5 cl de jus de citron
  • 3 cl de jus de pamplemousse frais
  • 2 cl de sirop de sucre
  • 1,5 cl d’Amaro Montenegro
  • 1,5 cl de Suze
  • 4,5 cl de gin (Tanqueray)
  • eau pétillante
  • pour la décoration: concombre et basilic

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre collins rempli de glaçons et ajouter de l’eau pétillante. Décorer avec deux tranches de concombre et deux feuilles de basilic.

Difficulté: **(*) à part l’Amaro Montenegro (qui se trouve chez des cavistes), tout se vend en supermarché.

Goût: un cocktail frais et estival aux multiples facettes: herbacé et légèrement amer et dont les ingrédients combinés rappellent le concombre et le basilic de la garniture

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Jack Rose (Death & Co)

Jack Rose

Le Jack Rose que j’avais préparé il y a quelques semaines m’avait assez fort déçu – je trouvais ce cocktail trop sucré et peu équilibré. En feuilletant le livre du bar Death & Co, j’y ai trouvé une recette intéressante. J’ai compris en même temps que j’utilisais une grenadine qui n’était pas appropriée. Il existe en effet des grenadines à base de fruits rouges, très sucrées, et puis les vraies grenadines à base de grenades, plus compliquées à trouver, mais au goût sucré ET acidulé. Monin, par exemple, possède les deux dans sa gamme. Elle ne se trouve pas aussi facilement – j’ai commandé la mienne sur Drankgigant, un site hollandais bien pratique pour trouver des ingrédients moins courants (et ils livrent le lendemain, et le site plaira également aux amateurs de bières). Voici donc la nouvelle version:

  • 3 cl de Laird’s bonded apple brandy
  • 3 cl de Busnel VSOP Calvados (Guillaume Drouin VSOP)
  • 1,5 cl de jus de citron
  • 1,5 cl de jus de citron vert
  • 2,2 cl de grenadine (Monin pomegranate)
  • décoration: une tranche de pomme en éventail

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre à cocktail et décorer avec la pomme.

Difficulté: *** cette recette est plus compliquée que la précédente, dédoublant plusieurs ingrédients mais je pense que l’ingrédient clé est la grenadine. La préparer avec uniquement du Calvados ne poserait aucun souci.

Goût: un cocktail aux multiples facettes, très équilibré, au goût de pomme et légèrement acidulé. Bref, un classique !

Naked and famous

Naked and famous

Le Naked and Famous est un cocktail créé en 2011 par Joaquín Simó pour le bar newyorkais Death & Co. Il s’est inspiré de deux cocktails existants, le Last Word, un cocktail classique aux proportions égales, et le Paper Plane, un cocktail de Sam Ross qui utilise également des ingrédients à parts égales.

La recette vient de Death & co: modern classic cocktails

  • 2 cl de mezcal Del Maguey Chichicapa (Los Siete Misterios)
  • 2 cl de Chartreuse jaune
  • 2 cl d’Aperol
  • 2 cl de jus de citron vert

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans une coupe refroidie.

Difficulté: un bon mezcal se trouve chez les cavistes, de même que la Chartreuse jaune.

Goût: la recette demande un mezcal très fumé, et j’ai l’impression que le mien ne l’est juste pas assez. Il se perd un peu à cause de la complexité des autres ingrédients mais ce cocktail est malgré tout intéressant. Il est fumé, herbacé, un peu acide et peu sucré. Bref, pas mal, mais je préfère le Last Word.

Jack Rose

Jack Rose

Le Jack Rose est un de ces cocktails aux origines mystérieuses: l’histoire de sa création est inconnue et diverses théories existent – elles ont été compilées par divers auteurs, tout particulièrement par Ted Haigh et David Wondrich qui ont fait de nombreuses recherches dans les livres anciens et les gazettes de l’époque.

D’après le journaliste Albert Stevens Crockett, qui écrit en 1931 l’histoire du bar du Waldorf Astoria, il s’agirait d’une dérivation du nom Jacqueminot Rose, ou Jacque Rose, ou encore Jack Rose. Il existe en effet une rose nommée Général Jacqueminot, qui est la fleur emblématique de certaines fraternités américaines. Sa couleur d’un rouge profond rappelle celle du cocktail.

Une autre histoire très courante est qu’il aurait été nommé d’après « Bald Jack » Rose ou Baldy Rose, figure de la pègre new-yorkaise et informateur lors d’un procès très médiatisé au début du 20e siècle, le procès Becker-Rosenthal.

Plusieurs histoires l’attribuent à divers barman, Joseph Rose qui officiait à Newark et qui portait le titre de « World Champion Mixologist », ou Frank J. May, aka Jack Rose qui travaillait au Gene Sullivan’s Café sur Pavonia Avenue à Jersey City (d’après la Gazette en 1905). Une histoire plus ancienne encore parle de sa création dès 1899 à l’Eberlin. Le barman Frank Haas en a proposé à un reporter qui en parle dans sa gazette. C’était apparemment une des spécialités du bar.

Ou tout simplement, ce cocktail est composé d’applejack et est rose.

Il existe de nombreuses variations de la recette, tant au niveau des quantités que des ingrédients: le citron vert est souvent remplacé par du citron jaune.

La recette vient de l’app Shaken and Stirred – Easy Cocktails:

  • 6 cl d’applejack (Laird’s)
  • 3 cl de jus de citron vert
  • 1,5 cl de grenadine (Monin)

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre à cocktail et décorer avec une tranche de citron vert.

Difficulté: autant l’applejack ne se vend pas partout, autant le Calvados est facilement trouvable et c’est une excellente alternative. Pour la grenadine, utilisez une marque de qualité, de préférence à partir de vraie grenade (ce n’est pas le cas de la grenadine Monin que j’ai utilisé même si cela existe dans leur gamme – bref un produit que je devrais acquérir).

Goût: le Jack Rose est un cocktail assez doux et légèrement acide, mettant en avant le goût de la pomme.

Hemingway in Europe

Hemingway in Europe

J’ai choisi ce cocktail parce qu’il permet d’utiliser de l’arrack, ce rhum indonésien qui a une longue histoire (David Wondrich en parle très bien dans cet article). Il a été créé par Patrick Williams, barman au Punch Bowl Social de Denver et j’ai trouvé comme souvent la recette sur le site Punch.

  • 4,5 cl de Batavia arrack (By the Dutch)
  • 0,7 cl de liqueur de marasquin (Luxardo)
  • 2,2 cl de sirop de pamplemousse (Monin)
  • 2,2 cl de jus de citron vert
  • décoration: brin de thym et zeste de pamplemousse

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons, secouer et filtrer dans une coupe refroidie. Décorer avec le thym et le zeste de pamplemousse.

Difficulté: autant l’arrack a pendant longtemps été difficile à se procurer, autant aujourd’hui ce n’est plus le cas: en effet, l’Indonesian Rum du Delhaize fera tout à fait l’affaire ou vous pouvez vous procurer l’arrack By the Dutch via leur page fb ou chez Drankgigant.

Goût: un cocktail qui ressemble fort à l’Hemingway daiquiri dont il est inspiré mais qui possède un goût plus fort, plus fumé, plus épicé à cause de l’utilisation d’arrack. Par contre, je l’ai trouvé trop sucré, un peu moins de sirop pourrait rééquilibrer le cocktail.

East India Negroni

East India Negroni

L’East India Negroni a été créé par Jim Meehan à l’automne 2009. Il s’est inspiré du grand classique qu’est le negroni pour composer une recette à base de rhum. C’est un sherry qui remplace le vermouth, mais un sherry particulier, l’East India Solera. Mélange d’oloroso et de Pedro Ximénez, il est vieilli dans une cave chaude et humide, dans des conditions qui ressemblent à celle d’un voilier en voyage transatlantique. N’essayez pas avec un autre sherry, vous obtiendrez un goût différent et le nom du cocktail perdra son sens.

J’ai trouvé la recette dans le tout nouveau livre de Jim Meehan, Meehan’s bartender manual:

  • 6 cl de rhum Banks 5-Islands (Meehan propose comme remplacement de l’Appleton Reserve ou du Mount Gay Black Barrel)
  • 2,2 cl de sherry East India Solera de Lustau
  • 2,2 cl de Campari
  • un zeste d’orange pour décorer

Verser tous les ingrédients avec des glaçons dans un verre à mélange et remuer pour refroidir. Verser dans un verre old fashioned contenant un grand glaçon. Décorer avec le zeste d’orange.

Difficulté: ce cocktail utilise un ingrédient particulier, le sherry East India Solera que j’ai trouvé sur le net. Le rhum Banks vient du même site, il me semble, mais doit se trouver chez des cavistes.

Goût: ce cocktail possède les caractéristiques du negroni mais les nuances sont différentes. Le rhum s’associe parfaitement bien au sherry et au Campari, créant un mélange sucré-amer avec une touche de noisette. Ce cocktail est de suite devenu un de mes favoris et la bouteille de sherry ne fera pas long feu.

Blood Orange

Blood Orange

Réalisé à la base avec des oranges sanguines, ce cocktail créé par Jamie Boudreau pour son bar de Seattle, le Canon, peut tout aussi bien se préparer avec des oranges normales: le Campari donnera de toutes façons une belle couleur rouge !

Une recette de The Canon cocktail book (un nouveau venu dans ma bibliothèque – avec de nombreuses recettes facilement réalisables):

  • 4,5 cl de gin (Beefeater)
  • 1,5 cl d’Amaro Montenegro
  • 1,5 cl de Campari
  • 3 cl de jus d’orange frais

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans une coupe refroidie.

Difficulté: **(*) des ingrédients faciles à trouver, sauf l’Amaro Montenegro qui se vend chez des caviste ou sur le net.

Goût: un cocktail étonnement sucré – sauf qu’en fait le Campari et l’Amaro Montenegro sont fort sucrés à la base et qu’il n’y a pas d’agent acidifiant.