Samoan Fog Cutter

Samoan Fog Cutter

Créé dans les années 1940 par Trader Vic, le Fog Cutter est un de ces cocktails qui marient différents alcools en grande quantité, tout comme le Long Island Ice Tea. Pas besoin de boire plus deux verres pour se retrouver dans le brouillard le plus complet avec cette première version ! Trader Vic a donc concocté le Samoan Fog Cutter un décennie plus tard, diminuant les doses d’alcool et utilisant de la glace pilée qui rallonge quelque peu la boisson. Ce cocktail est devenu un classique de Trader Vic, après le Mai Tai et le Scorpion, et a connu de nombreuses versions, son créateur ayant publié la recette en 1947 dans son Bartender’s Guide.  A vrai dire, le Fog Cutter est un Scorpion auquel il a ajouté du gin et du sherry. Il contient tous les éléments typiques d’un cocktail de Trader Vic, le démarquant de ceux de Donn The Beachcomber: du jus de citron et non de lime, du sirop d’orgeat, un mélange de plusieurs alcools plutôt qu’une combinaison de rhums. Jeff Berry propose la recette originale dans Remixed mais aussi la version samoane que j’ai préparé et qu’il considère comme bien plus équilibrée.

La recette vient donc de Jeff Berry, Beachbum Berry remixed:

  • 6 cl de jus de citron pressé
  • 3 cl de jus d’orange pressé
  • 1,5 cl de sirop d’orgeat (Giffard)
  • 1,5 cl de cognac (Gautier VSOP)
  • 1,5 cl de gin (Beefeater)
  • 4,5 cl de rhum léger portoricain (Banks 5)
  • 1,5 cl de cream sherry (Osborne manzanilla sucré)
  • 1 tasse (cup) de glace pilée

Mettre tous les ingrédients sauf le sherry dans un blender et mixer pendant dix secondes. Verser sans filtrer dans un mug Fog Cutter ou dans un verre collins ou dans un autre mug et ajouter de la glace pour remplir si nécessaire. Verser le sherry par dessus et décorer d’un brin de menthe.

Difficulté: **(*) même s’il faut beaucoup d’ingrédients, tout est facilement trouvable en supermarché. En rhum, il y a moyen d’utiliser du Havana Club 3 años ou du Plantation 3*. Le cream sherry est quelque chose d’assez inconnu par ici, c’est souvent utilisé en pâtisserie dans les pays anglo-saxons et en gros, si j’ai bien compris, c’est du sherry sucré. J’ai donc rajouté un peu de sucre dans mon sherry sec et ça fait l’affaire. Des recettes plus modernes utilisent d’ailleurs du sherry dry.

Goût: un cocktail frais et peu sucré. Difficile de vraiment bien distinguer chacun des alcools à part le sherry qui ajoute une touche spéciale.

En bonus, un clip (en anglais) qui explique l’histoire du cocktail et qui propose la recette de Martin Cate du Smuggler’s Cove:

Verlaine’s Parisian Cocktail

Verlaine's Parisian Cocktail

Cette semaine, je vous présente le Verlaine’s Parisian Cocktail, inspiré par le Parisian Cocktail qui est proposé dans Harry’s ABC of mixing cocktails de Harry McElhone (1929). La recette originale met en avant le vermouth, avec 3 cl, et complète avec 2 cl de gin et 2 cl de crème de cassis. Je n’ai pas goûté cette version mais je suis sûre que celle créée par Aaron Melendez du bar Verlaine à Los Angeles est bien meilleure, mettant le gin au premier plan.

J’ai trouvé la recette via Imbibe:

  • 7,5 cl de Plymouth gin
  • 2,2 cl de vermouth dry (Dolin Dry)
  • 1,5 cl de crème de cassis (Supercassis Védrenne)
  • 4 traits de bitters à la lavande (Scrappy’s)

Combiner tous les ingrédients dans un verre à mélange avec des glaçons et remuer pour refroidir. Filtrer dans un verre à cocktail refroidi. Pincer un zeste de citron au-dessus du verre pour exprimer les huiles essentielles puis le jeter (ou décorer le verre avec le zeste).

Difficulté: *(*) rien de très compliqué à trouver, à part peut-être les bitters à la lavande qui pourraient être remplacés par un autre bitter très aromatique. Le vermouth Dolin Dry peut être substitué par du Noily Prat et le Plymouth gin par un gin classique type Beefeater ou Bombay Sapphire.

Goût: le goût fruité du cassis s’associe très bien avec le genièvre du gin et les épices du vermouth tandis que le zeste de citron et la lavande ajoutent des arômes très légers mais bienvenus, ce qui transforme ce cocktail ancien en boisson contemporaine.

Get Buck in Here

Get Buck in Here

Un cocktail frais, proposé par les barmans de l’Experimental Cocktail Club de Chinatown à Londres pour offrir une alternative au gin tonic mais qui est inspiré du gin buck classique (un buck est un cocktail combinant alcool et ginger ale).

La recette est tirée d’Experimental Cocktail Club:

  • 2,5 cl de gin Hendrick’s (Quaff Magazine propose une recette au Tanqueray)
  • 2,5 cl de Suze
  • 1 cl de jus de citron
  • 6 traits d’absinthe (Duplais)
  • ginger ale Fever Tree pour compléter (Fentiman’s – je n’avais plus de Fever Tree)
  • zeste de pamplemousse pour décorer

Mettre les ingrédients – sauf le ginger ale – dans un shaker avec des glaçons et secouer (une bonne règle est de compter 10 allers-retours). Filtrer dans un verre collins rempli de glaçons, compléter avec le ginger ale et décorer d’un zeste de pamplemousse.

Difficulté: *(*) plusieurs ingrédients à combiner mais tous sont trouvables en supermarché (au Delhaize en tous cas !), à part peut-être une vraie absinthe qui pourrait être remplacée par quelques gouttes de pastis (c’est ce que faisaient les barmans américains pendant la période ou l’absinthe était illégale).

Goût: un cocktail frais et complexe au goût un peu amer de la gentiane (il faut aimer) et qui laisse transparaître les notes herbacées du gin et de l’absinthe, complétés par les arômes du zeste de pamplemousse

Basile Boli

Basile Boli

Le Basile Boli est un cocktail créé par Joseph Biolatto et Julien Escot en 2015 au Bâton Rouge de Paris. Inspiré probablement par le footballeur mais aussi par le basilic, ce cocktail est rafraîchissant en temps de grandes chaleurs.

Une recette de Cocktail now:

  • 5 cl de gin (Beefeater)
  • 8/10 feuilles de basilic (plus un brin pour la garniture)
  • 1 cuiller à mélange cassonade
  • 2 cl de jus de citron
  • 0,5 cl de liqueur de marasquin (Luxardo)
  • 9 cl de jus de pomme brut

Ecraser à l’aide d’un pilon les feuilles de basilic au fond d’un shaker avec la cassonade. Ajouter des glaçons et les autres ingrédients puis secouer vivement. Filtrer à l’aide de deux passoires et verser dans un verre de type collins rempli de glaçons. Décorer d’un brin de basilic.

Difficulté: ** le jus de pomme est peu utilisé en cocktails mais très facile à trouver. J’ai utilisé ici du jus de pomme frais Materne. La liqueur de marasquin Luxardo est la plus authentique, possédant un petit goût fumé assez caractéristique. Il faut juste veiller à ne pas en abuser parce que son goût est assez fort et dominant.

Goût: les premières gorgées m’ont semblé assez fades mais la subtilité des goûts se révèle par la suite et offre un accord très réussi et nuancé entre le basilic, le marasquin, le gin et le sucre.

Turkish Mule

Turkish Mule

Si j’avais demandé à Sylvain un peu de sa liqueur de yaourt, c’est parce que je me souvenais avoir vu une recette avec cet ingrédient dans Cocktail now de Julien Escot. Il y propose le Turkish Mule, créé en 2014 par Sami Mersel qui a travaillé dans son bar de Montpellier, le Papa Doble.

  • 5 cl de gin (Beefeater London dry gin)
  • 3 cl de liqueur de yaourt (Bols)
  • 2 cl de jus de citron frais
  • 2 cl de shrub au concombre (voir ci-dessous)
  • 5 cl de ginger beer (Fentiman’s)
  • pour la garniture, d’après la recette originale: loukoum et pétale de rose

Verser tous les ingrédients sauf la ginger beer dans un shaker rempli de glaçons. Secouer vivement et filtrer dans un verre rempli de glaçons. Compléter avec la ginger beer et garnir, d’après la recette, d’un loukoum et de pétales de roses. Je n’avais pas le premier mais j’ai utilisé un sachet de mélange pour gin tonic à la rose et à la framboise (Pipa raspberry rose)

Goût: un cocktail frais aux notes de gingembre et de concombre, très laiteux mais où le yaourt ne domine pas. Intéressant, probablement un des meilleurs avec cette liqueur mais pas transcendant non plus. Le temps que je fasse une photo convenable, le mélange s’était dissocié, faisant remonter le shrub et la liqueur de yaourt à la surface.

J’arrête là mes essais avec la liqueur de yaourt, à moins que quelqu’un me conseille une recette inédite.

Shrub au concombre (je retranscris la recette du livre, mais j’ai évidemment diminué les proportions dans ma propre version):

  • 1/2 concombre émincé mais non épluché
  • 70 cl de sirop de sucre
  • 20 cl de vinaigre de cidre

Placer tous les ingrédients dans un mixeur électrique et réduire en purée liquide en mixant pendant 30 secondes. Filtrer le mélange à travers une passoire fine.

1940

1940

Il y a quelques années, j’avais eu l’occasion d’acheter à petit prix une bouteille de G’Vine Floraison. Ce gin est fort différent des autres parce qu’il est élaboré à partir de fleurs de vigne. Son goût est particulièrement floral, rond et doux et je n’ai jamais trouvé de tonic qui se mariait bien avec lui. La meilleure option était le Fentiman’s Herbal Tonic 19:05 mais malgré tout, ce choix ne m’a pas satisfait. J’ai cherché des recettes de cocktails mais à ce moment-là ma bouteille était déjà bien avancée. Mon choix s’est porté sur le 1940, une création d’Osvaldo Vasquez, que je n’ai pas pu reproduire jusque dans les détails mais le résultat est déjà très buvable. Ce barman officie au Cape A Thompson Hotel de Cabo San Lucas au Mexique.

J’ai trouvé la recette sur ce site (il y a un clip youtube qui montre la préparation):

  • 5 cl de G’Vine Floraison
  • 2 cl de liqueur de marasquin Luxardo
  • 1,5  cl de jus de citrons vert
  • 2 trait de B&B Barrel Aged Ruda Bitters (Angostura Bitters et bitter à la cardamone)

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et filtrer dans une verre à cocktail. La recette originale précise ici qu’il faut fumer le verre avec de la racine de palo de sangre et du parfum de cardamone. Après quelques recherches, il s’agit de Corymbia gummifera, un arbuste originaire d’Australie. Osvaldo Vasquez ajoute également un gros glaçon dans lequel est encapsulé un bout de la même racine. Ce glaçon, en fondant, va colorer le cocktail en rose.

Difficulté: **(**) – tout dépend de la version ! Celle que j’ai réalisée n’est pas trop compliquée mais manque de précision par rapport à la recette originale.

Goût: les arômes du gin se mêlent à ceux du marasquin pour créer un cocktail assez sucré et floral en bouche.

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Cette photo est assez ancienne – les hostas sont sous terre pour le moment – mais je l’aime beaucoup.

 

Joyce

Joyce
Un cocktail de Michel Van Hecke qui officie au bar The Twelve situé au cœur du quartier européen de Bruxelles (rue de la Loi 75).

Une recette trouvée dans Ceci est un cocktail book, édité par la maison Ferrand.

  • 4 cl de gin Citadelle Réserve
  • 1 cl de liqueur de sureau Carlton (Saint-Germain)
  • 1/2 fruit de la passion
  • 3 tranches de concombre
  • 1 cl de sirop de jasmin (Monin)
  • 1 cl de jus de citron vert

Écraser légèrement le concombre au fond d’un shaker. Ajouter tous les autres ingrédients ainsi que des glaçons et secouer vigoureusement. Servir, après avoir filtré, dans un verre à margarita. Comme la quantité n’est pas suffisante pour remplir un verre standard, ajouter un joli glaçon (dommage que je n’avais pas de glaçons iceberg sous la main) et décorer d’herbes du jardin (c’est l’hiver et je n’avais que de la menthe fraîche du supermarché).

Difficulté: *** le gin Citadelle Réserve se trouve relativement facilement, le sirop de jasmin aussi mais ce ne sont pas des ingrédients de tous les jours. Il y a un peu de travail pour tout découper et préparer.

Goût: un cocktail très parfumé mêlant les goûts du fruit de la passion, du jasmin et de la liqueur de sureau, rafraîchis par le concombre, sur une base assez forte du gin. Une très belle découverte.