Marius in Bangkok

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Pour ma deuxième recette aux litchis, j’ai choisi de réaliser une recette qui me tentait depuis longtemps: le Marius in Bangkok. C’est une création de Julien Escot, fondateur du bar à cocktails Papa Doble à Montpellier. L’origine de ce cocktail remonte à 2008 alors qu’il travaillait à l’hôtel Kilimandjaro et si j’ai bien compris, il ne contenait pas de liqueur Saint-Germain au départ.

La recette vient de Cocktails. Leçons de dégustation de Julien Escot:

  • 40 ml de vodka (Zubrowka)
  • 20 ml de liqueur de sureau Saint-Germain
  • 5 ml de pastis (Pernod)
  • 20 ml de jus de citron vert pressé
  • 30 ml de jus de cranberry
  • 1 trait de blanc d’oeuf (j’ai omis cet ingrédient par facilité)
  • 3 litchis frais dénoyautés
  • étoile de badiane pour la garniture

Dans le fond d’un shaker, écraser les litchis au pilon puis ajouter les autres ingrédients avec beaucoup de glaçons. Secouer vivement (en général, je compte lentement jusque 10). Filtrer à travers une passoire et servir dans un verre à cocktail ou à martini. Décorer avec la badiane ou anis étoilé.

Difficulté: *** La saison des litchis frais est courte, il faut choisir le bon moment. Des litchis en boîte ne donneraient pas le même goût, ce serait plus sucré et moins délicat. J’ai omis le blanc d’oeuf parce qu’il faut des oeufs très frais et autre chose à faire avec le jaune, ce qui n’était pas mon cas. Cet ingrédient n’ajoute rien au goût mais change légèrement la texture, donne une certaine rondeur et onctuosité, et surtout ajoute une jolie mousse sur laquelle reposer l’étoile de badiane.

Goût: c’est un cocktail fort différent et assez spécial, très frais et exotique. A mon goût, 5 millilitres de pastis, c’est un peu trop parce que le côté anisé domine et efface le goût délicat des litchis. Peut-être que quelques gouttes pourraient suffire ? Mais tant que je n’ai pas bu la version originale, je ne pourrai pas juger.

Post-scriptum: la recette apparaît également dans le tout nouveau livre de Julien Escot, Cocktail now ! et il y a quelques petites différences: le trait de blanc d’oeuf devient 10 ml, la quantité de vodka est augmentée et surtout le pastis est remplacé par du sirop de pastis, un mélange de sucre, d’eau et de pastis. Bref, une recette que devrai tester une nouvelle fois !

Re-post-scriptum: c’est en voulant publier cette recette que je me suis posée la question des droits d’auteur. J’aurais déjà pu me la poser pour les recettes américaines mais celle-ci est beaucoup plus proche. Plusieurs personnes et google m’ont confirmé qu’il n’y avait aucun problème à les publier vu qu’il s’agit de procédés. Ce lien-ci l’explique de manière juridique, celui-là explique l’autre côté, ou comment comme blogueur de recettes de cuisine protéger son contenu.

 

Cosmopolitan

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Pourquoi parler du Cosmopolitan, ce cocktail très girly et si populaire dans les années 1990 et 2000 ? Parce qu’une amie me l’a demandé: c’est son cocktail préféré et elle aimerait en connaître l’histoire. Parce qu’il fait partie des premiers cocktails que j’ai bus, puis préparés. Et parce que ses ingrédients se trouvent partout et qu’il est facile à réaliser. En faisant des recherches, j’ai eu la surprise de constater que je n’avais jamais bu un « vrai » cosmo, juste des versions simplifiés: ce n’est pas de la vodka nature qui doit être utilisée mais de la vodka citron.

Pour raconter son histoire, je pourrais remonter aux années 1930 comme le propose wikipedia mais même si la recette est proche, le sirop de framboise n’est pas du jus de cranberry et le gin n’est pas de la vodka. Diverses sources renvoient à des créations dans les années 70 mais ce serait à Cheryl Cook (Strand Restaurant, South Beach, Floride) que reviendrait la paternité (ou plutôt maternité). Elle raconte avoir créé le cocktail en 1985 ou 86, remarquant qu’il était bien vu d’avoir un verre de martini à la main dans son bar. Sauf que beaucoup de clients ne vidaient pas leur verre et elle a donc voulu composer un cocktail qui plairait à plus de monde, combinant de l’Absolut Citron, du triple sec, du Rose’s lime juice (un mélange un peu artificiel à base de jus de lime) et juste assez de jus de cranberry pour que le mélange devienne rose. Et bien que l’Absolut Citron n’ait pas vu le jour avant 1988, il a été testé dans la région de Miami. Bref, cela reste plausible.

Dans les années 1970, il existait une recette proche qui était servie dans les bars gay de San Francisco, à base de vodka, Rose’s lime juice et grenadine. En 1987-88, Toby Cecchini (Manhattan) recrée cette recette qu’il a découvert par l’intermédiaire de Melissa Huffsmith du bar The Odeon (Manhattan), ajustant les proportions et utilisant du Cointreau et de l’Absolut Citron. C’est cette recette qui est devenue le standard international. Dans les années 90, Dale DeGroff, alors barman au Rainbow Rooms de Manhattan, s’empare de la recette et la rend populaire, notamment grâce à l’entremise de Madonna. Dès 1998, le cocktail devient encore plus célèbre, grâce aux filles de Sex and the city.

Je me suis basée sur la recette citée dans The joy of mixology de Gary Regan, un bon recueil de base.

  • 1,5 oz de vodka citron (0,5 oz de vodka infusée – un peu trop longtemps – aux feuilles de kaffir de fabrication maison et le reste de vodka polonaise Zubrowka – nature, pas à l’herbe bison)
  • 1 oz de triple sec (Triple Sec Trois Citrus Merlet)
  • 0,5 oz de jus de citron vert pressé
  • 1 ou 2 jets de jus de cranberry, juste assez pour donner la couleur rose

Verser tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre à martini et garnir d’un quartier de citron vert.

Difficulté: ** La version à la vodka nature est simplissime. La vodka citron est à peine plus difficile à trouver et il y a moyen d’en réaliser soi-même en faisant infuser une semaine le zeste d’un citron dans une bouteille (je n’ai pas testé). Le plus souvent, c’est du Cointreau qui est utilisé, la marque ayant d’ailleurs fait beaucoup de promotion pour ce cocktail.

Goût: la version préparée ci-dessus est déjà un peu moins fade que l’originale à la vodka nature et moins sucrée qu’avec du Cointreau. Les divers éléments ont un peu plus de goût. Le Cosmopolitan est devenu un grand classique, au goût de beaucoup de monde, il ne fait juste pas partie de mes préférés.

Je reviens très vite avec une variante très récente.

Panorama Punch

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Les expositions universelles ont toujours été des endroits de création et de découverte, y compris pour les cocktails. Celle de Seattle en 1962 s’est tenue pendant la grande époque du tiki, quand des bars et restaurants « exotiques » ont envahi les Etats-Unis. Le Panorama Punch était servi au restaurant Eye of the Needle au sommet du Space Needle construit pour l’expo. L’endroit offrait un superbe panorama de la région et mettait une heure pour faire un tour complet. Comme souvent, il existe des recettes différentes – les barmen de l’époque étaient peu enclins à divulguer leurs secrets.

Celle qui vient de Beachbum Berry Remixed ne contient qu’un type de rhum. J’ai croisé une autre recette qui combiene rhum jamaïcain et rhum agricole.

  • 1 1/8 oz. de jus de cranberry
  • 1/2 oz de jus de citron vert pressé
  • 2 1/4 oz. de jus d’orange pressé
  • 2 1/4 oz. de rhum porto-ricain blanc (Havana Club Añejo 3 años)
  • 3/8 oz. de sirop de sucre
  • 4 oz. ou une demi tasse de glace pilée

Mettre tous les ingrédients dans un blender et mixer pendant dix secondes. Verser dans un verre collins, ajouter des glaçons pour remplir le verre et décorer avec la peau du demi citron vert.

Difficulté: ** à part les mesures un peu compliquées (j’ai divisé en deux les mesures citées dans le livre), rien de bien difficile à trouver au point de vue des ingrédients.

Goût: un cocktail très frais et citronné, simple mais efficace, parfait pour l’été (ou pour se souvenir de l’été).

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