A proper drink

A proper drink

Robert Simonson, A proper drink. The untold story of how a band of bartenders saved the civilized drinking world: le sous-titre dit tout: Robert Simonson raconte dans ce livre l’histoire du cocktail des 30 dernières années, décrivant les acteurs qui ont contribué à la renaissance actuelle. Sous forme de chapitres courts, il présente des bars et des barmen, il parle de Dale De Groff, d’Audrey Saunders, de Sasha Petraske, de Jim Meehan, de Phil Ward, de Toby Cecchini, de Ted Haigh, de Martin Cate, de Stanislas Vadrna… Cela vous semble une longue liste ? Elle est encore bien plus longue dans le livre et c’est un peu là que repose le problème. A moins d’avoir vécu à New York (ou dans une autre grande ville américaine – mais en moindre mesure), il est très difficile de suivre; c’est un catalogue de bars et de personnes qui ont toutes réalisé des choses importantes dans le monde du cocktail mais quand on n’a aucun point d’attache, quand on n’a jamais eu l’occasion de visiter aucun des bars ni de goûter aucun de cocktails, la lecture devient un peu impersonnelle. Je reste persuadée que le livre peut intéresser mais le public cible est américain, new-yorkais même. Je me limiterai donc à préparer quelques-unes de recettes proposées, dont je connaissais déjà une partie mais que je peux maintenant mieux associer à leur créateur.

Tiki drinks

Nicole Weston and Robert Sharp, Tiki drinks: tropical cocktails for the modern bar: acheté dès sa sortie, je n’avais pas eu l’occasion de lire les commentaires des tikiphiles sur le site américain d’amazon. C’est assez gratiné mais pas totalement incorrect. Il manque clairement une bibliographie et des remerciements aux personnes qui ont exhumé les recettes anciennes (Jeff Berry, en premier lieu). Après une courte introduction, les auteurs proposent des cocktails tiki classiques puis des interprétations plus modernes, des cocktails qu’ils ont créé eux-mêmes (ils ont un blog où sont publiées de nombreuses recettes). J’en ai noté quelques-unes à réaliser, j’en ai même déjà préparé d’autres. Le choix du rhum est souvent très peu précis (white rum, dark rum, aged rum) et très peu détaillé dans l’introduction. Et surtout, ces cocktails sont affreusement sucrés ! Les quantités de sirops divers sont astronomiques et peu en phase avec les goûts européens. Un exemple qui n’est pas dans le livre mais sur le blog: pour le Royal Daiquiri, les auteurs rajoutent 1,5 cl de sirop à la recette originale alors qu’à mon goût le cocktail est déjà presque trop sucré (voici la version proposée par Jeff Berry, publiée sur ce blog – il contient 1/4 de cuillère à thé de sirop). De vraies abeilles ! Un livre à oublier, même si je testerai sans doute encore l’une ou l’autre recette, en l’adaptant, et que je m’inspirerai des jolies décorations.

The negroni

Gary Regan, The negroni. Drinking to la dolce vita with recipes & lore: le negroni est un cocktail classique qui combine gin, vermouth et campari – rien de bien compliqué et tout simplement délicieux – un de mes favoris, surtout quand je suis en manque d’idées (mais que je n’ai pas encore publié ici). Gary Regan retrace son histoire et parle des controverses quant à ses origines: le Comte Negroni a-t-il existé ? Qui était-il ? L’auteur parle également du monde du cocktail italien, des amers, des vermouths, de Turin, de Milan. Mais ce n’est qu’une introduction. La part la plus importante du livre est consacrée aux recettes: l’originale bien sûr, et des classiques qui s’en rapprochent mais également toute une collection de nouvelles recettes inventées par divers barmen du monde entier, avec des ingrédients inédits. L’avantage, c’est que la plupart des cocktails sont assez facilement réalisables à la maison et déclinables à souhait. Un livre intéressant à feuilleter pour découvrir de nouvelles idées.

Sippin’ Safari

Jeff Berry, Beachbum Berry’s sippin’ safari. In search of th great « lost » tropical drink recipes… and the people behind them: dans ce livre, Jeff Berry, spécialiste du cocktail tiki, est parti à la recherche non pas des origines de ces cocktails tropicaux mais des personnes qui les réalisaient dans les bars. De fabrication intensive avec leurs nombreux ingrédients et éléments de décoration, les bars possédaient de vraies brigades de  barmen, travaillant à la chaîne, à 10 ou 15. Souvent, ceux-ci étaient d’origine philippine, et certains sont montés en grade, devenant le barman principal et surtout, connaissant les secrets des recettes créées notamment par Don The Beachcomber ou Trader Vic. Ceux-ci avaient en effet codé une partie de leurs créations pour qu’elles ne soient pas divulguées et copiées. Un exemple type est le Zombie: il existe plein de recettes différentes mais à quoi ressemblait l’originale ? Jeff Berry a réussi à casser le code grâce aux notes d’un de ces barman. Le livre ne s’arrête pas là: il s’intéresse aussi à la propagation des temples du tiki à travers les Etats-Unis jusqu’à leur déclin dans les années 80. Richement illustré, ce livre est un voyage passionnant dans le monde du tiki. (Une nouvelle version serait en préparation).

Drinking the Devil’s Acre

Duggan McDonnell, Drinking the Devil’s Acre. A love letter from San Francisco and her cocktails: le Devil’s Acre est un quartier de San Francisco (juste un pâté de maisons en fait) parsemé de bars depuis les débuts de l’histoire de la ville. Duggan McDonnell a travaillé dans ce quartier et raconte ses expériences tout en les remettant dans un contexte plus large. Au travers de 25 cocktails importants pour la ville, il explique l’origine des alcools et des mélanges, parlant de la petite comme de la grande histoire, depuis la découverte de la côte est jusqu’à aujourd’hui, période de renouveau du cocktail. 45 recettes complètent les premières, des classiques mais surtout de nouvelles créations. Même si le livre est basé sur San Francisco, il donne une image assez complète du monde du cocktail et est très intéressant à lire. A noter que McDonnell propose également des recettes quelques peu étonnantes: celles du rhum ou du vermouth idéal, combinant différents alcools pour en créer un plus adapté aux cocktails. Un bon livre mais pas indispensable quand on commence à se constituer une bibliothèque.

The cocktail chronicles

Paul Clarke, The cocktail chronicles. Navigating the cocktail renaissance with jigger, shaker & glass: l’auteur de ce livre, Paul Clarke, est une des personnes à la base de la renaissance des cocktails dans les années 1990. Il écrivait sur le blog The Cocktail Chronicles et est devenu le rédacteur en chef du magazine Imbibe. Dans ce livre, il explore le monde des cocktails selon plusieurs grands thèmes: les classiques et les cocktails oubliés, les cocktails contemporains et ceux qui pourraient devenir des classiques. En parallèle, il parle des différents alcools, proposant à chaque fois des boissons correspondantes. Il y a beaucoup de recettes commentées, dont pas mal de nouvelles créations de divers barmen contemporains se basant sur les classiques mais y apportant une nouvelle dimension. Le graphisme est intéressant mais il n’y a pas de photos. Cet excellent livre s’adresse a priori aux (presque) novices mais n’ennuiera pas des personnes qui s’y connaissent déjà plus grâce à la diversité du contenu.

Boozehound

Jason Wilson, BoozehoundOn the Trail of the Rare, the Obscure, and the Overrated in Spirits: dans ce livre, Jason Wilson part à la recherche d’alcools rares, obscurs ou surestimés. Il nous invite à un voyage aux Etats-Unis mais aussi en Europe, détaillant par exemple les « amari » italiens, racontant l’histoire de la Chartreuse ou du pisco péruvien. Il visite les champs d’agaves de Jalisco au Mexique et explique la distillation de la tequila. Il parle aussi des ces alcools qui sont devenus populaires (aux Etats-Unis) sans trop de raisons comme le Jägermeister et tente d’en trouver les raisons. Son livre est parsemé d’anecdotes et de cocktails, des classiques mais aussi des recettes d’aujourd’hui. Un livre passionnant sous forme de récit personnel.