Bitter Mai Tai

Bitter Mai Tai

Le Bitter Mai Tai est une variation du Mai Tai classique, un cocktail qui a été créé par Jeremy Oertel, barman newyorkais du Dram situé à Brooklyn. Sa première version contenait du bitter Angostura, mais comme cet ingrédient est coûteux, il l’a remplacé par du Campari.

La recette vient de Punch:

  • 4,5 cl de Campari
  • 2,2 cl de rhum jamaïcain, de préférence du Smith & Cross
  • 1,5 cl de curaçao (Pierre Ferrand)
  • 3 cl de jus de citron vert
  • 2,2 cl d’orgeat (Giffard)
  • de la menthe pour la garniture

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec quelques glaçons et secouer. Filtrer dans un verre de type old fashioned rempli de glace pilée. Compléter avec plus de glace pilée et décorer avec un brin de menthe.

Difficulté: **(*) pas très compliqué mais il est nécessaire de trouver un rhum jamaïcain au goût prononcé.

Goût: le goût du mai tai original est présent mais celui-ci est plus amer – évidemment – tout en restant exotique. Amandes, fruits (de la cerise notamment) et le goût très funky du rhum Smith & Cross sont à l’honneur. Je rééquilibrerais juste un peu la recette en diminuant légèrement la quantité d’orgeat mais c’est à tester selon les goûts de chacun.

Vaquero

Vaquero

Simone Goldberg officie au Narcissa de New York. Avec le Vaquero, elle propose un cocktail inspiré du daiquiri, mais aussi du Boulevardier et du Mai Tai. C’est un cocktail plutôt hivernal mariant piment et sauge sur une base de bourbon. C’est un total hasard que Sylvain publie la même recette aujourd’hui (avec des variantes) mais comme il le raconte dans son article, nous avons partagé la liqueur de piment entre nous et nous avons les mêmes sources pour trouver des recettes !

La recette vient du site Punch:

  • 4,5 cl de bourbon (Eagle Rare)
  • 2,2 cl de jus de citron
  • 2,2 cl de liqueur de piment Ancho Reyes
  • 1,5 cl d’Aperol
  • 0,7 cl de sirop de sucre demerara (sirop de sucre normal)
  • 2 traits de bitters Angostura
  • 2 cubes d’ananas frais
  • 1 feuille de sauge (plus une pour décorer)

Au fond d’un shaker, écraser les morceaux d’ananas avec la feuille de sauge. Ajouter les autres ingrédients et des glaçons et secouer vivement. Filtrer dans un verre à cocktail et décorer d’une feuille de sauge.

Difficulté: **** l’Ancho Reyes n’est pas la liqueur la plus répandue et il faut de l’ananas frais et de la sauge. Pour le reste, rien de très compliqué.

Goût: un cocktail très complexe, discrètement piquant et légèrement médicinal. Le goût un peu boisé du bourbon se marie à merveille avec la sauge et l’ananas très fruité. Et puis cette couleur !

 

Division Bell

Division Bell – un album de Pink Floyd mais aussi un cocktail ! Le premier est l’inspiration du second: Philip Ward l’écoutait en boucle à l’époque où il a ouvert à New York le bar Mayahuel spécialisé en agave (en 2009). Ce cocktail faisait partie de la carte originale et a été conçu comme un Last Word, utilisant des quantités égales de quatre ingrédients. Les proportions ont ensuite été ajustées pour un meilleur équilibre.

Une recette que j’ai trouvée dans The cocktail chronicles de Paul Clarke (j’utilise de plus en plus souvent ce livre – il comporte beaucoup de recettes classiques mais aussi contemporaines faciles à préparer):

  • 1 oz (3 cl) de mezcal (Los Siete Misterios – Mezcal Joven)
  • 0,75 oz (2,2 cl) de jus de citron vert
  • 0,75 oz (2,2 cl) d’Aperol
  • 0,5 oz (1,5 cl) de liqueur de marasquin (Luxardo)

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre à cocktail refroidi et décorer d’un zeste de pamplemousse.

Difficulté: *** L’Aperol est devenu très populaire grâce au Spritz mais se combine très bien dans diverses recettes. Cherchez la liqueur de marasquin Luxardo (et non d’autres marques – celle de Giffard par exemple est bonne mais manque de profondeur) car elle est utilisée dans de nombreux cocktails anciens et un goût fumé caractéristique. Quant aux mezcals, évitez à tout prix ceux avec un ver au fond de la bouteille – c’est un signe de mauvaise qualité. Il faudra débourser une certaine somme (minimum 40 euros) mais cela vaut la peine. J’ai acheté le mien au Chemin des Vignes et il fait partie de toute une collection de mezcals de diverses origines.

Goût: un cocktail fumé – l’association mezcal et marasquin – mais aussi acide, amer et fruité. Bref, de nombreuses dimensions.

Fifty-first State

Un cocktail créé par le Cienfuegos Bar de New York en l’honneur du référendum de 2012 à Porto-Rico, référendum qui statuait sur le territoire. Vous ne trouvez pas ça bizarre que ce cocktail utilise du rhum de Sainte-Lucie alors que Porto-Rico en produit aussi ? Mais c’est le résultat qui compte…

J’ai trouvé cette recette dans le livre de Ravi DeRossi, Jane Danger & Alla Lapushchik, Cuban cocktails:

  • 2 oz (6 cl) de Chairman’s aged rum (Doorly’s 5 ans)
  • 3/8 oz (1,1 cl) de crème de cacao Tempus Fugit
  • 1 cuillère de bar d’allspice dram (The Bitter Truth)
  • 1 cuillère de bar de Campari
  • 2 traits de bitters Angostura
  • 2 traits de bitters à l’orange (Angostura)

Verser dans un verre à mélange tous les ingrédients avec des glaçons et remuer. Filtrer dans un verre old-fashioned pourvu d’un grand glaçon.

Difficulté: *** quelques ingrédients précis, d’autres moins. Je n’avais pas de rhum Chairman’s aged originaire de Sainte-Lucie et je l’ai remplacé par du Doorly’s de la Barbade, me basant sur les listes du Smuggler’s cove. La crème de cacao Tempus Fugit est introuvable en Belgique, je me la suis procurée via un site internet allemand, Alandia.

Goût: un cocktail sucré pour le dessert, offrant des nuances de cacao, d’amertume, d’épices et d’orange

Eastside

Une canicule en septembre ? Il suffit de boire un cocktail rafraîchissant ! L’Eastside dans la version présentée ci-dessous (il existe d’autres recettes très proches) a été créé en 2004 par George Delgado, du Libation à New York. C’est une variante du Southside, mettant en avant le gin Hendrick’s au début de sa popularité grandissante. Il a voyagé dans divers bars de New York, avec quelques variations, notamment dans le dosage du sucre et du citron. Au Milk & Honey par exemple, les proportions de sucre et de citron sont inversées, ce qui contribue certainement à en faire un cocktail moins sucré.

La recette se retrouve dans l’app Modern Classics:

  • 2 tranches de concombre
  • 2 brins de menthe
  • 2 oz (6 cl) de gin Hendrick’s
  • 1 oz (3 cl) de sirop de sucre (j’ai diminué à 2 cl)
  • 0,75 oz (2,2 cl) de jus de citron vert

Dans un shaker, écraser la concombre et la menthe. Ajouter ensuite les autres ingrédients et des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre collins et ajouter de l’eau pétillante. Décorer avec une rondelle de concombre et un brin de menthe.

Difficulté: ** bien que le gin Hendrick’s soit recommandé pour son association avec le concombre, n’importe quel gin fera l’affaire.

Goût: même en diminuant la quantité de sirop, ce cocktail était encore bien trop sucré à mon goût ! A part ça, il est extrêmement rafraîchissant avec le concombre et le menthe qui jouent un beau rôle. De quoi varier de l’éternel mojito !

Vesperone punch

Certains cocktails sont très saisonniers et même si l’automne n’est pas encore tout à fait là – j’ai réalisé ce cocktail à la mi-août – les ingrédients nécessaires étaient déjà abondants dans mon jardin. J’ai trouvé cette recette dans Cuban cocktails. 100 classic and modern drinks et le livre détaille les proportions pour un bol de punch mais aussi pour un seul verre:

  • 4 mûres (plus 1-2 pour la garniture)
  • 2 feuilles de sauge (plus pour la garniture)
  • 0,5 oz (1,5 cl) de sirop d’agave (s’il est trop épais, diluer dans un peu d’eau – ce qui est le cas de celui du Delhaize)
  • 1 oz (3 cl) de rhum Zacapa (rhum Malteco, aussi du Guatemala)
  • 1 oz (3 cl) de rye whiskey (Bulleit)
  • 0,5 oz (1,5 cl) de Chartreuse verte
  • 0,5 oz (1,5 cl) de jus de citron vert
  • 1 oz (3 cl) de vin mousseux sec (Jacob’s Creek)

Ecraser les mûres et la sauge au fond du shaker avec le sirop d’agave. Ajouter les autres ingrédients sauf le mousseux et secouer avec des glaçons. Filtrer deux fois (le filtre du shaker + une petite passoire pour qu’il n’y ait pas de grains de mûre ni de morceaux de sauge) et verser dans un verre collins rempli de glaçons. Ajouter le mousseux et décorer de mûre, sauge et de citron vert (ce que je n’ai pas fait).

Difficulté: **** il faut des ingrédients frais et saisonniers, ainsi que du rhum de style Zacapa, mais ce cocktail pourrait fonctionner avec d’autres rhums du même type (style espagnol, un peu sucré et vanillé). C’est le genre de cocktail qu’on prépare à un moment précis de l’année, et quand on a justement une bouteille de mousseux ouverte.

Goût: c’est un cocktail assez sucré, avec des saveurs de sauge et d’autres herbes aromatiques grâce à la Chartreuse. Après ce premier stade, le rhum et le rye reviennent en force et laissent un fort goût alcoolisé en bouche.

Cuban cocktails

Ravi DeRossi, Jane Danger & Alla Lapushchik, Cuban cocktails. 100 classic and modern drinks: ce livre est celui d’un bar new-yorkais, le Cienfuegos et non comme je le pensais, un livre sur les cocktails cubains. L’histoire de Cuba est évoquée, ainsi que celle des cocktails locaux mais les informations sont plutôt limitées (je conseille plutôt Beachbum Berry’s potions of the Caribbean de Jeff Berry – et il y a probablement d’autres livres sur le sujet). Les auteurs font un voyage parmi les cocktails classiques et plus contemporains, proposant des chapitres sur les punchs, les fizz, les daiquiris, les cocktails tiki et des interprétations modernes. Il y a des recettes originales mais aussi beaucoup de recettes recopiées d’autres barmen. Parmi ces recette originales, beaucoup ne sont que des cocktails classiques dont l’alcool principal a été remplacé par du rhum: le Manhattan devient le Club Cocktail (avec du spiced rum) ou le Pretty Princess, le Champs Elysées devient l’Arco de Triunfo, le Twentieth Century se transforme en Twentieth Century Club, le Last Word se change en Dernier Mot… Les recettes contemporaines se limitent à huit, toutes de barmen plus ou moins connus. Pour moi, ce livre est un peu facile et n’apporte pas grand chose. Je n’ai noté que quelques recettes à préparer, omettant la série des daiquiris et floriditas que je peux retrouver ailleurs (il y a juste une vraie distinction entre le Hemingway Daiquiri et le Papa Doble qui sont souvent assimilés). Richement illustré, il est cependant beau à regarder et à laisser traîner à la vue des invités qui passeraient par là.