Amaro

Amaro

Brad Thomas Parsons, Amaro. The spirited world of bittersweet, herbal liqueurs: après avoir lu et adoré Bitters, je ne pouvais que m’intéresser à ce nouveau livre de Brad Thomas Parsons consacré à l’amaro. D’origine italienne (mais pas uniquement), l’amaro est un alcool à base de plantes, mettant l’amertume au premier plan, et souvent bu comme digestif. Depuis quelques années, de nombreux barmen américains s’y sont intéressés et ont créé de nouveaux cocktails avec ces amers. Parsons s’attache à les décrire, commençant par les aperitivo bitters comme le Campari ou l’Aperol, continuant avec les amaros en tant que tels, les italiens comme l’Averna, le Cynar ou l’Amaro Montenegro pour ne citer que les plus connus, mais aussi les autres européens et les américains (une toute nouvelle catégorie), pour terminer avec les fernet, plus alcoolisés, plus amers et plus aromatiques. Il propose ensuite une petite centaine de recettes, des cocktails évidemment mais aussi des idées d’utilisation en cuisine, ainsi que des recettes d’amaro en tant que tels. Passionnant, ce livre laisse cependant le lecteur belge avec de grandes frustrations: où trouver tous ces amaros à moins d’aller en Italie ? Les plus connus sont disponibles chez certains cavistes ou magasins spécialisés mais la recherche sera longue pour toutes les spécialités.

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Tiki with a twist

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Lynn Calvo, Tiki with a twist: quand je vois « tiki » sur la couverture d’un livre, je ne peux m’empêcher de l’acheter. Or, dans ce cas-ci, j’ai été bien déçue: il ne s’agit pas d’un livre reprenant les recettes anciennes du mouvement tiki mais bien un recueil de recettes d’un bar, Lynn’s Hula Hut à Montauk, New York. Rien de mal à cela mais je n’ai pas été passionnée par les boissons proposées. Elles s’inspirent des cocktails classiques et rajoutent une bonne dose de fruits frais (voire de légumes), comme dans un « Coconut cucumber mojito » ou un « Honeydew daiquiri », ainsi que beaucoup de préparations maison (rien de plus énervant qu’une recette avec une seconde recette à l’intérieur). C’est frais, c’est estival, c’est exotique mais je n’ai préparé aucune des recettes. Un signe certain que ce livre n’était pas pour moi.

Experimental Cocktail Club

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Experimental Cocktail Club: quand les trois amis Romée de Goriainoff, Pierre-Charles Cros et Olivier Bon ont ouvert en 2007 leur premier bar à Paris, l’Experimental Cocktail Club, ils ne pensaient pas qu’ils répéteraient l’opération à divers endroits dans le monde. Depuis, il est possible de boire leurs cocktails dans divers endroits de la capitale française mais aussi à Londres, Ibiza et New York. Ce livre raconte cette histoire mais présente surtout les différents cocktails servis à travers le monde. Originaux, ils comportent souvent des ingrédients français comme de la Suze, du Lillet, de la Chartreuse, du Saint-Germain… et se déclinent selon les endroits. Ceux d’Ibiza par exemple sont plus festifs, plus exotiques (et sans doute moins intéressants, plus grand public). Des amis barman du monde entier proposent également leur recette signature. Il y a aussi des classiques ainsi que leurs déclinaisons plus modernes. Contrairement à d’autres livres de bars, beaucoup de recettes sont réalisables à la maison: j’en repéré une vingtaine, ce qui est bien plus que dans d’autres livres. Bref, un recueil lié à un bar, reflet de l’art du cocktail actuel, et intéressant pour trouver de l’inspiration qui sort des sentiers battus.

Vous retrouverez les recettes via le tag Experimental Cocktail Club.

A proper drink

A proper drink

Robert Simonson, A proper drink. The untold story of how a band of bartenders saved the civilized drinking world: le sous-titre dit tout: Robert Simonson raconte dans ce livre l’histoire du cocktail des 30 dernières années, décrivant les acteurs qui ont contribué à la renaissance actuelle. Sous forme de chapitres courts, il présente des bars et des barmen, il parle de Dale De Groff, d’Audrey Saunders, de Sasha Petraske, de Jim Meehan, de Phil Ward, de Toby Cecchini, de Ted Haigh, de Martin Cate, de Stanislas Vadrna… Cela vous semble une longue liste ? Elle est encore bien plus longue dans le livre et c’est un peu là que repose le problème. A moins d’avoir vécu à New York (ou dans une autre grande ville américaine – mais en moindre mesure), il est très difficile de suivre; c’est un catalogue de bars et de personnes qui ont toutes réalisé des choses importantes dans le monde du cocktail mais quand on n’a aucun point d’attache, quand on n’a jamais eu l’occasion de visiter aucun des bars ni de goûter aucun de cocktails, la lecture devient un peu impersonnelle. Je reste persuadée que le livre peut intéresser mais le public cible est américain, new-yorkais même. Je me limiterai donc à préparer quelques-unes de recettes proposées, dont je connaissais déjà une partie mais que je peux maintenant mieux associer à leur créateur.

Tiki drinks

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Nicole Weston and Robert Sharp, Tiki drinks: tropical cocktails for the modern bar: acheté dès sa sortie, je n’avais pas eu l’occasion de lire les commentaires des tikiphiles sur le site américain d’amazon. C’est assez gratiné mais pas totalement incorrect. Il manque clairement une bibliographie et des remerciements aux personnes qui ont exhumé les recettes anciennes (Jeff Berry, en premier lieu). Après une courte introduction, les auteurs proposent des cocktails tiki classiques puis des interprétations plus modernes, des cocktails qu’ils ont créé eux-mêmes (ils ont un blog où sont publiées de nombreuses recettes). J’en ai noté quelques-unes à réaliser, j’en ai même déjà préparé d’autres. Le choix du rhum est souvent très peu précis (white rum, dark rum, aged rum) et très peu détaillé dans l’introduction. Et surtout, ces cocktails sont affreusement sucrés ! Les quantités de sirops divers sont astronomiques et peu en phase avec les goûts européens. Un exemple qui n’est pas dans le livre mais sur le blog: pour le Royal Daiquiri, les auteurs rajoutent 1,5 cl de sirop à la recette originale alors qu’à mon goût le cocktail est déjà presque trop sucré (voici la version proposée par Jeff Berry, publiée sur ce blog – il contient 1/4 de cuillère à thé de sirop). De vraies abeilles ! Un livre à oublier, même si je testerai sans doute encore l’une ou l’autre recette, en l’adaptant, et que je m’inspirerai des jolies décorations.

Come take a sip with me

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Hannah Van Ongevalle, Come take a sip with me. Cocktails, chefs & bartenders: élue meilleure bartender belge en 2014, Hannah Van Ongevalle officie avec son frère et son père à The Pharmacy à Knokke. Elle a voyagé dans le monde entier et propose avec Come take a sip with me un livre rassemblant ses recettes. Elle y raconte des anecdotes de sa vie itinérante et a interrogé une cinquantaine de barmen internationaux pour présenter une image actuelle du monde du cocktail. Elle s’est également intéressée à de grands chefs belges (flamands), de Sergio Herman à Peter Goossens et a créé un cocktail pour chacun. Son style est inventif, incorporant de nombreux sirops et infusions de fabrication maison. Elle présente des classiques retravaillés et des recettes contemporaines de sa propre composition ou de quelques autres barmen. Ses cocktails ont l’air appétissants mais il n’y a quasi aucune recette facile à réaliser chez soi, sans que l’un ou l’autre sirop maison ne soit nécessaire (j’en ai noté deux ou trois). Elles ne sont cependant pas impossibles à préparer mais il faut un peu plus de patience et de prévoyance, et surtout des ingrédients frais. Il y a quelques mois, j’avais préparé approximativement le Smoky & Soggy qui bien qu’un peu trop sucré à mon goût était un mélange étonnant de saveurs. Un livre à posséder pour soutenir le monde du cocktail belge (et qui fait joli négligemment posé sur une table de salon) !

The negroni

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Gary Regan, The negroni. Drinking to la dolce vita with recipes & lore: le negroni est un cocktail classique qui combine gin, vermouth et campari – rien de bien compliqué et tout simplement délicieux – un de mes favoris, surtout quand je suis en manque d’idées (mais que je n’ai pas encore publié ici). Gary Regan retrace son histoire et parle des controverses quant à ses origines: le Comte Negroni a-t-il existé ? Qui était-il ? L’auteur parle également du monde du cocktail italien, des amers, des vermouths, de Turin, de Milan. Mais ce n’est qu’une introduction. La part la plus importante du livre est consacrée aux recettes: l’originale bien sûr, et des classiques qui s’en rapprochent mais également toute une collection de nouvelles recettes inventées par divers barmen du monde entier, avec des ingrédients inédits. L’avantage, c’est que la plupart des cocktails sont assez facilement réalisables à la maison et déclinables à souhait. Un livre intéressant à feuilleter pour découvrir de nouvelles idées.