Walhain

Walhain
Un cocktail 100% belge créé par Mathieu Chaumont, qui associe des ingrédients des deux côtés de la frontière linguistique. Une recette trouvée dans Spiritueux & apéritifs d’artisans en Belgique:

  • 2 cl de jus de citron vert
  • 1 cl de jus de citron jaune
  • 1 cl de bitter de Biercée
  • 2 cl d’Elixir d’Anvers
  • 1 cuillère à café de sirop de sucre (ou plus – selon votre goût)
  • 5 cl de london dry gin (Bishop’s gin)
  • 1 bouquet de menthe fraîche

Verser tous les ingrédients dans un shaker, y compris la menthe et ajouter des glaçons. Secouer vigoureusement et filtrer à travers une fine passoire (ce que je n’ai pas fait – d’où les petits bouts de menthe). Servir dans un verre à cocktail refroidi.

Difficulté: **(*) des ingrédients faciles à trouver mais certains sont un peu spéciaux et ne serviront pas souvent dans d’autres cocktails.

Goût: un cocktail peu sucré, légèrement amer et surtout très aromatique, mêlant les plantes de l’Elixir d’Anvers à la fraîcheur de la menthe. Très parfumé et tout simplement délicieux.

Eastside

Une canicule en septembre ? Il suffit de boire un cocktail rafraîchissant ! L’Eastside dans la version présentée ci-dessous (il existe d’autres recettes très proches) a été créé en 2004 par George Delgado, du Libation à New York. C’est une variante du Southside, mettant en avant le gin Hendrick’s au début de sa popularité grandissante. Il a voyagé dans divers bars de New York, avec quelques variations, notamment dans le dosage du sucre et du citron. Au Milk & Honey par exemple, les proportions de sucre et de citron sont inversées, ce qui contribue certainement à en faire un cocktail moins sucré.

La recette se retrouve dans l’app Modern Classics:

  • 2 tranches de concombre
  • 2 brins de menthe
  • 2 oz (6 cl) de gin Hendrick’s
  • 1 oz (3 cl) de sirop de sucre (j’ai diminué à 2 cl)
  • 0,75 oz (2,2 cl) de jus de citron vert

Dans un shaker, écraser la concombre et la menthe. Ajouter ensuite les autres ingrédients et des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre collins et ajouter de l’eau pétillante. Décorer avec une rondelle de concombre et un brin de menthe.

Difficulté: ** bien que le gin Hendrick’s soit recommandé pour son association avec le concombre, n’importe quel gin fera l’affaire.

Goût: même en diminuant la quantité de sirop, ce cocktail était encore bien trop sucré à mon goût ! A part ça, il est extrêmement rafraîchissant avec le concombre et le menthe qui jouent un beau rôle. De quoi varier de l’éternel mojito !

Kelly watch the stars

Créé par Julien Escot, ce cocktail m’a rappelé le Missionary’s Downfall qui associe également liqueur de pêche et menthe.

  • 4 cl de gin (Bulldog)
  • 1 cl de vermouth dry (Dolin Dry)
  • 1,5 cl de crème de pêche de vigne (liqueur de pêche Monin)
  • 2 cl de jus de citron
  • 1 jet de Suze Red Aromatic Bitters (Angostura Bitters)
  • 8/10 feuilles de menthe et un brin pour décorer

Verser tous les ingrédients, y compris la menthe, dans un shaker rempli de glaçons et secouer fortement. Filtrer (avec une passoire très fine) dans le verre de service (le livre le présente dans une petite flûte à champagne). Décorer avec le brin de menthe.

Difficulté: *** Gin et vermouth sont des ingrédients usuels. La liqueur de pêche de Monin a un goût très naturel – je pense l’avoir achetée au Delhaize mais j’ai l’impression qu’elle n’y est plus vendue. Je n’ai pas de bitters Suze, développés par Julien Escot lui-même. Je n’ai d’ailleurs pas trop prêté attention à cet ingrédient en préparant le cocktail et c’est la raison pour laquelle il est moins rose que sur la photo. Les Red Bitters sont composés de gentiane, muscade et anis et pourraient être remplacés par des bitters Peychaud.

Goût: un cocktail d’été au léger goût sucré et de pêche, ainsi que de menthe qui apparaît timidement.

A déguster en écoutant:

Missionary’s downfall

Imaginez un missionnaire plein de bonnes intentions débarquant sur une île du Pacifique. Le lieu semble paradisiaque mais très mystérieux. Le son des tambours au loin l’inquiète, les cris des oiseaux exotiques le met mal à l’aise. Il se sent épié… Une vahiné approche, à moitié nue, lui apportant une boisson locale aux arômes envoûtants… La suite ne sera pas racontée ici.

Ce cocktail apparait pour la première fois en 1948 sur le menu du bar de Don The Beachcomber mais Jeff Berry pense que la première version pourrait dater déjà de 1937. Don s’est inspiré des herbes aromatiques fraîches pour élaborer ce cocktail, bien avant que cela n’intéresse quelqu’un. Il existe de nombreuses versions et même Jeff Berry propose deux différentes dans Grog Log et dans Remixed. C’est la seconde que j’ai choisie, elle lui a été donnée par la famille de Hank Riddle qui a travaillé comme barman dans différents restaurants de Don Beach des années 1940 à 1980 (essentiellement à Hollywood et Palm Springs). Ce cocktail a été populaire dans de nombreux bars tiki, du Mai Kai de Fort Lauderdale (où il s’appelait Missionary’s doom) au Tiki Ti de Hollywood.

Recette de Jeff Berry dans Beachbum Berry remixed:

  • 0,5 oz (1,5 cl) de jus de citron vert
  • 0,5 oz (1,5 cl) de brandy à la pêche (liqueur de pêche Monin)
  • 1 oz (3 cl) de sirop de miel (quantités égales de miel et d’eau chaude pour diluer)
  • 1 oz (3 cl) de rhum léger portoricain (Havana Club 3 años) (j’ai monté la dose à 4,5 cl)
  • 2 oz (1/4 de tasse) de cubes d’ananas frais
  • 2 oz (1/4 de tasse) de feuilles de menthe fraîche
  • 6 oz (3/4 de tasse) de glace pilée

Mettre tous les ingrédients dans un blender et mixer à grande vitesse pendant 20 secondes. Verser dans un coupe ou un verre à cocktail et décorer de feuilles de menthe placées au centre du verre (ou sur le côté).

Difficulté: *** Il faut des ingrédients frais mais qui se trouvent toute l’année. Quant à la liqueur de pêche, c’est le moment d’en préparer soi-même ou d’en acheter chez un caviste.

Goût: la recette précise que ce sont les quantités pour deux personnes… j’ai du mal à y croire ! j’ai même rajouté un peu de rhum. Malgré cet ajout, c’est un cocktail pas trop alcoolisé, au goût très frais de menthe, pêche et miel.

Vauvert Slim

En feuilletant le PDT Cocktail Book, une recette m’a intriguée: le Vauvert Slim. J’avais tous les ingrédients sauf le whisky nécessaire pour rincer le verre, ce qui n’était finalement pas trop un problème grâce à un ami amateur de whisky qui m’a donné un échantillon. La recette est signée Ryan Noreiks (Brisbane, 2009) et fait référence à l’ancien monastère des Chartreux de Vauvert à Paris.

  • 6-8 feuilles de menthe, dont 1-2 pour décorer
  • 1/2 oz de jus de citron vert pressé
  • 2 oz de jus de pamplemousse pressé
  • 1 oz de Chartreuse verte
  • 1 blanc d’œuf (j’ai omis cet ingrédient – il sert à faire une jolie mousse sur le cocktail)
  • quelques gouttes de Laphroaig 10-Year-Old Single Malt Scotch (du Laphroaig QA – Quercus Alba)

Écraser les feuilles de menthe avec le jus de citron vert au fond d’un shaker. Ajouter des glaçons et les autres ingrédients sauf le whisky et mélanger le tout. Rincer une coupe au Laphroaig et jeter (ou boire !) l’excédent et verser le cocktail filtré, sans les glaçons et la menthe. Décorer d’une feuille de menthe.

Difficulté: *** Tout le monde n’a pas sous la main ce whisky précis mais un whisky bien tourbé fera l’affaire. Pour le reste, ce cocktail  n’est pas si compliqué, la Chartreuse se vendant en supermarché.

Goût: complexe et équilibré – on a clairement affaire ici à une recette d’un barman expérimenté, qui connaît ses ingrédients. Le rinçage du verre au whisky est essentiel pour ajouter un goût fumé et tourbé à la Chartreuse très aromatique et à la fraîcheur de la menthe. Le pamplemousse ajoute l’amertume nécessaire.

Mojito Caballito

Je ne sais pas si je parlerai un jour ici du mojito, ce cocktail au rhum, au citron vert et à la menthe devenu si populaire qu’on a l’impression qu’il n’existe aucun autre cocktail. Et pourtant c’est lui qui m’a amenée à m’intéresser aux cocktails. Il est si facile à faire qu’au lieu de le boire dans des cafés, j’ai commencé à le fabriquer moi-même à la maison. Et puis, j’ai cherché la variété, j’ai découvert les cocktails tiki mais aussi les cocktails classiques, d’avant la Prohibition américaine. Et je n’ai plus jamais arrêté d’en préparer, élargissant tous les jours mes horizons.

Je ne prépare presque plus jamais de mojitos mais quand il fait chaud, je les trouve très rafraîchissants. Je vous présente donc une variante, le Mojito Caballito, découvert sur le site du magazine américain Imbibe qui lui-même a été chercher la recette auprès du bar et restaurant Fairweather de San Francisco. Il est à peine plus compliqué à préparer qu’un mojito normal mais fait beaucoup plus d’effet.

    • 1½ oz de rhum blanc (Havana Club Añejo 3 años)
    • ½ oz de vermouth blanc sec (Noilly Prat)
    • ¾ oz de jus de citron vert pressé
    • ¾ oz de sirop de sucre (j’ai diminué la quantité à 1/2 oz, n’aimant pas les cocktails trop sucrés – du sucre fin peut faire l’affaire et est même sans doute préférable)
    • 6-8 feuilles de menthe fraîche (j’ai mis trois variétés différentes: menthe poivrée, menthe marocaine et menthe asiatique, cueillies dans mon jardin)
    • 4-5 oz d’eau pétillante
    • du bitter Angostura

Dans un verre haut et fin de type Collins, écraser légèrement la menthe avec un pilon en compagnie du jus de citron et du sirop de sucre, ajouter le rhum et le vermouth, ajouter ensuite de la glace pilée jusqu’aux trois quarts du verre, puis l’eau pétillante. Terminer par les bitters. En théorie, cela devrait provoquer un joli effet tricolore, qui n’a pas été tout à fait réussi dans ma version: je n’ai pas mis assez de glace pilée qui aurait permis à la menthe de rester au fond du verre ou j’ai versé l’eau trop vite. Peu importe, quand on le boit, on mélange tout !

Difficulté: ** Tous les ingrédients se trouvent facilement en grande surface, c’est juste un peu moins basique qu’un mojito traditionnel.

Goût: le vermouth donne un peu plus de complexité au mojito et les bitters, une touche d’amertume intéressante.