La Florida Daiquiri n°3

La Florida Daiquiri n°3

Apparaissant pour la première fois dans le livre de recettes (1935) du bar La Florida situé à La Havana, La Florida Daiquiri n°3 est une création de Constantino Ribalaigua Vert, déjà cité sur ces pages à propos du Daiquiri et du La Florida Cocktail). A l’origine, il préparait ce cocktail en le mélangeant avec de la glace pilée si finement qu’elle ressemblait à de la neige et filtrait le mélange dans un verre dans lequel rempli du même type de glace, formant un dôme. Dès la fin des années 1940, il commence à utiliser un blender électrique et de la glace pilée, ce qui prend bien moins de temps que la fabrication de la neige à la main. Peu importe la manière, Constante était un spécialiste de la glace. Ses recettes demandent différents types qu’il décrit dans son livre sous les noms de menudo (cracked), menudito (chipped), afeitado (shaved) ou frappé (snowy) (difficile à traduire tout ça – je ne sais pas si les mots existent en français et si quelqu’un peut m’aider !). Ces différents types de glace étaient utilisés différemment, créant des textures variées et divers niveaux de dilution du cocktail.

La version n° 3 du daiquiri était particulièrement populaire auprès du public et appréciée notamment par Ernest Hemingway. Celui-ci préférait cependant une version avec plus de rhum et moins sucre qui a très vite été surnommée Hemingway Daiquiri ou Papa Doble. Toute cette histoire est fort confuse et parfois le Daiquiri n°3 est surnommé Hemingway Daiquiri. A vrai dire, j’ai déjà préparé d’autres recettes avec plus de jus de pamplemousse et c’est tout à fait buvable, je vous en présenterai sans doute une dans le futur.

J’ai repris la recette de Beachbum Berry’s potions of the Caribbean:

  • 6 cl de rhum blanc cubain (Havana Club añejo 3 años)
  • 1,5 cl de jus de citron vert
  • 1 cuillère à thé de liqueur de marasquin (Luxardo)
  • 1 cuillère à soupe de sucre blanc fin
  • 1 cuillère à thé de jus de pamplemousse
  • 1,5 tasse de glace pilée

Dissoudre le sucre dans le jus de citron vert, puis mettre tous les ingrédients dans un blender. Mixer à grande vitesse pendant au moins 20 secondes pour former une sorte de neige. Verser sans filtrer dans un verre à cocktail de manière à former un cône.

Difficulté: ** rien de très compliqué mais il faut vraiment mixer longtemps: cela se voit sur la photo, mon daiquiri est trop liquide et ne m’a pas permis de former un dôme.

Goût: une cuillère à soupe de sucre peut sembler beaucoup mais il se dilue dans une grande quantité de glace pilée et est au final bien nécessaire. Si vous préparez ce cocktail sans le passer dans un blender, diminuez à une cuillère à café la quantité de sucre.

J’ai testé par la suite la recette citée dans Cuban cocktails et je la trouve bien moins équilibrée (4,5 cl de rhum blanc, 2,2 cl de marasquin, 3 cl de jus de pamplemousse, 1,5 cl de jus de citron vert, le tout mis dans un shaker avec des glaçons puis filtré dans une coupe). La liqueur de marasquin est très forte de goût et écrase tous les autres ingrédients dans cette version. Une cuillère à thé suffit amplement !

Angry Bamboo

Angry Bamboo
Je ne suis pas photographe et mon espace pour faire les photos est limité à l’intérieur. Quand c’est le milieu de l’hiver et qu’il n’y a pas de lumière du jour, c’est encore plus compliqué. J’ai bien un spot qui permet de créer une jolie lumière mais ça ne fonctionne pas pour tous les cocktails. Celui-ci en est la preuve: j’ai choisi la photo la moins pire mais le mug tiki n’est vraiment pas mis en valeur. La décoration est dans l’ombre et pourtant j’avais fait l’effort d’acheter un ananas frais pour que ce soit joli. Je ne peux pas gagner à tous les coups. Ce qui ne m’empêche pas de vous présenter l’Angry Bamboo, une création de Tom Neijens qui tient le bar tiki The Drifter à Gand. Tikiphile, il propose dans son bar de nombreux cocktails exotiques pour tous les goûts et est l’auteur du livre Rum. De complete gids

Cette recette se trouve dans Ceci est un cocktail book, un livret édité par la Maison Ferrand qui produit le cognac du même nom, les gins Citadelle et les rhums Plantation. Parmi ceux-ci, plusieurs ont été créés en collaboration avec des barmen américains pour s’adapter aux cocktails.

  • 4,5 cl de rhum Plantation Stiggin’s Fancy pineapple
  • 2 cl de rhum Plantation Sainte Lucie 2004
  • 1 cl de curaçao Pierre Ferrand
  • 2 « tbs » falernum maison (deux cuillères à soupe me semblent énormes, j’ai réduit à deux cuillères à café)
  • 2 cl de jus de citron vert
  • 1,5 cl de sirop de cannelle (maison)
  • 3 cl de jus de pamplemousse frais

Verser tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Servir dans un mug tiki et décorer d’une feuille d’ananas et d’une rondelle de citron, ainsi que d’une orchidée si vous en disposez.

Difficulté: **** des ingrédients précis mais les rhums se trouvent facilement chez les cavistes. Le falernum se trouve déjà préparé, comme par exemple le Taylor’s Velvet Falernum ou celui de The Bitter Truth.

Goût: l’association des deux rhums est très bien pensée – un daiquiri combinant les deux est sur ma liste de cocktails à tester. L’Angry Bamboo est épicé, fruité, sucré (un peu trop à mon goût) et légèrement amer.

Old friend

Cousin disant du Old Pal, un cocktail classique à base de rye whiskey, de vermouth et de Campari, l’Old Friend a été créé à l’automne 2002 par Jim Meehan du PDT de New York. Je me disais que ce serait un excellent cocktail à tester avec le tout nouveau Bitter Biercée.

Voici la recette telle qu’elle est publié dans l’app PDT Cocktails:

  • 1,5 oz de gin Beefeater
  • 0,75 oz de jus de pamplemousse frais
  • 0,5 oz de Campari (Bitter Biercée*)
  • 0.25 oz de liqueur de sureau Saint Germain

Mélanger dans un shaker avec des glaçons, filtrer dans une coupe refroidie et décorer avec un zeste de citron.

Difficulté: ** les ingrédients se trouvent facilement et cela vaut la peine de chercher le Bitter Biercée chez un caviste.

Goût: amer et sucré, fruité et sophistiqué (l’effet « liqueur de sureau » !)

Les articles suivis d’une * m’ont été offerts par la marque. 

Vauvert Slim

En feuilletant le PDT Cocktail Book, une recette m’a intriguée: le Vauvert Slim. J’avais tous les ingrédients sauf le whisky nécessaire pour rincer le verre, ce qui n’était finalement pas trop un problème grâce à un ami amateur de whisky qui m’a donné un échantillon. La recette est signée Ryan Noreiks (Brisbane, 2009) et fait référence à l’ancien monastère des Chartreux de Vauvert à Paris.

  • 6-8 feuilles de menthe, dont 1-2 pour décorer
  • 1/2 oz de jus de citron vert pressé
  • 2 oz de jus de pamplemousse pressé
  • 1 oz de Chartreuse verte
  • 1 blanc d’œuf (j’ai omis cet ingrédient – il sert à faire une jolie mousse sur le cocktail)
  • quelques gouttes de Laphroaig 10-Year-Old Single Malt Scotch (du Laphroaig QA – Quercus Alba)

Écraser les feuilles de menthe avec le jus de citron vert au fond d’un shaker. Ajouter des glaçons et les autres ingrédients sauf le whisky et mélanger le tout. Rincer une coupe au Laphroaig et jeter (ou boire !) l’excédent et verser le cocktail filtré, sans les glaçons et la menthe. Décorer d’une feuille de menthe.

Difficulté: *** Tout le monde n’a pas sous la main ce whisky précis mais un whisky bien tourbé fera l’affaire. Pour le reste, ce cocktail  n’est pas si compliqué, la Chartreuse se vendant en supermarché.

Goût: complexe et équilibré – on a clairement affaire ici à une recette d’un barman expérimenté, qui connaît ses ingrédients. Le rinçage du verre au whisky est essentiel pour ajouter un goût fumé et tourbé à la Chartreuse très aromatique et à la fraîcheur de la menthe. Le pamplemousse ajoute l’amertume nécessaire.

212

212 ? C’est une référence à certains des indicatifs téléphoniques de New York mais aussi aux proportions de ce cocktail. Il a été créé par Willy Shine et Aisha Sharpe du bar Contemporary Cocktails (New York) en 2008. C’est une recette très facile et très rafraîchissante en été.

  • 2 cl. de Partida Reposado tequila (El Jimador, dans mon cas)
  • 1 cl. d’Aperol
  • 2 cl. de jus de pamplemousse rose fraîchement pressé

Mélanger tous les ingrédients dans un shaker avec de la glace, verser dans un verre collins et décorer avec un zeste d’orange.

Difficulté: ** une tequila de bonne qualité est un bon atout pour faire ce cocktail, mais ce n’est pas si difficile à trouver. L’Aperol se vend partout depuis la mode du Spritz et les pamplemousses roses aussi (les blancs sont devenus introuvables).

Goût:  frais, estival, l’amertume du pamplemousse et de l’Aperol se marie très bien au goût fumé de la tequila. L’Aperol ajoute également une touche orangée. Une vraie réussite, à mon avis, et un cocktail que je préparerai encore souvent, vu sa facilité.