Verlaine’s Parisian Cocktail

Verlaine's Parisian Cocktail

Cette semaine, je vous présente le Verlaine’s Parisian Cocktail, inspiré par le Parisian Cocktail qui est proposé dans Harry’s ABC of mixing cocktails de Harry McElhone (1929). La recette originale met en avant le vermouth, avec 3 cl, et complète avec 2 cl de gin et 2 cl de crème de cassis. Je n’ai pas goûté cette version mais je suis sûre que celle créée par Aaron Melendez du bar Verlaine à Los Angeles est bien meilleure, mettant le gin au premier plan.

J’ai trouvé la recette via Imbibe:

  • 7,5 cl de Plymouth gin
  • 2,2 cl de vermouth dry (Dolin Dry)
  • 1,5 cl de crème de cassis (Supercassis Védrenne)
  • 4 traits de bitters à la lavande (Scrappy’s)

Combiner tous les ingrédients dans un verre à mélange avec des glaçons et remuer pour refroidir. Filtrer dans un verre à cocktail refroidi. Pincer un zeste de citron au-dessus du verre pour exprimer les huiles essentielles puis le jeter (ou décorer le verre avec le zeste).

Difficulté: *(*) rien de très compliqué à trouver, à part peut-être les bitters à la lavande qui pourraient être remplacés par un autre bitter très aromatique. Le vermouth Dolin Dry peut être substitué par du Noily Prat et le Plymouth gin par un gin classique type Beefeater ou Bombay Sapphire.

Goût: le goût fruité du cassis s’associe très bien avec le genièvre du gin et les épices du vermouth tandis que le zeste de citron et la lavande ajoutent des arômes très légers mais bienvenus, ce qui transforme ce cocktail ancien en boisson contemporaine.

El Puente

El Puente

Parfois, il faut revenir vers des livres abandonnés depuis un certain temps. C’est en effet dans le livre du bar new-yorkais PDT que j’ai trouvé cette recette créée par Jim Meehan pendant l’été 2007 pour marier deux alcools à base d’agave, la tequila et le mezcal.

La recette se trouve dans The PDT Cocktail Book:

  • 4,5 cl de tequila José Cuervo Platino (El Domador Silver)
  • 2,2 cl de jus de pamplemousse frais
  • 1,5 cl de vermouth Martini Bianco (Cinzano)
  • 1,5 cl de liqueur de sureau Saint Germain
  • du mezcal pour rincer le verre (Los Siete Misterios)

Mettre tous les ingrédients dans un shaker (sauf le mezcal) avec des glaçons et secouer. Filtrer dans une coupe refroidie et rincée au mezcal. Décorer d’un zeste de pamplemousse.

Difficulté: *** à part le mezcal, tous les ingrédients se trouvent en supermarché.

Goût: un cocktail floral et fumé, légèrement épicé. Le mariage entre le vermouth et le Saint-Germain est particulièrement réussi.

Arrackiri

Arrackiri

J’ai longtemps cherché du Batavia arrack, un alcool indonésien qui était beaucoup utilisé dans le passé, notamment dans les punchs. La marque la plus connue selon les sites américains est Van Oosten – ce qui sonne hollandais – mais je n’ai jamais trouvé de bouteille. Il y a quelque temps, la petite compagnie néerlandaise By the Dutch a sorti, après un genièvre, un Batavia arrack. Cette marque n’est pas distribuée en Belgique mais il y a moyen d’obtenir les bouteilles en leur envoyant un message (via la page FB). Depuis, Delhaize a sorti un rhum indonésien qui n’est pas très éloigné de cet arrack mais il est bien plus agressif et brut en goût que celui de By the Dutch qui est très rond et agréable à boire, même pur.

L’arrack indonésien (à ne pas confondre avec celui du Sri Lanka) est un alcool de canne à sucre, comme le rhum, mais lors de sa fermentation, on y ajoute un peu de riz (rouge) local. Il est distillé en alambic selon des méthodes anciennes chinoises.

Pour une première recette avec cet alcool exotique, j’ai choisi un cocktail de l’Experimental Cocktail Club du Lower East Side, NY. Le barman Damien Aries et son équipe souhaitaient obtenir le même équilibre que dans un Last Word mais en utilisant d’autres ingrédients au goût assez prononcé.

La recette se trouve dans Experimental Cocktail Club

  • 3 cl de Batavia Arrack (By the Dutch)
  • 3 cl de jus de citron vert
  • 1,5 cl de sirop d’agave
  • 1,5 cl de Chartreuse jaune
  • 1,5 cl de mezcal (Los Siete Misterios)
  • 5 traits de teinture au piment (fait maison: laisser mariner quelques piments forts coupés en morceaux dans un alcool de base, rhum ou vodka et goûter régulièrement pour obtenir le piquant souhaité – c’est très rapide !)

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans une coupe rafraîchie et décorer d’une tranche de concombre.

Difficulté: **** des ingrédients de plus en plus utilisés en cocktail mais qui restent relativement difficiles à trouver. L’arrack By the Dutch pourrait être remplacé par le rhum indonésien du Delhaize mais le mezcal et la Chartreuse jaune ne se trouvent que chez les cavistes.

Goût: je bien avouer que je n’ai pas adoré: ce cocktail a un goût très nature, d’herbes coupées se décomposant déjà un peu. Il est en même temps piquant (j’aurais pu mettre moins de teinture) et fumé.

Photos manquantes

Vous l’aurez peut-être constaté, beaucoup de photos manquent dans les archives et ont été remplacées par un message de Photobucket où elles sont stockées. Je suis extrêmement ennuyée et fâchée: Photobucket a changé ses conditions d’utilisation en prévenant ses utilisateurs le jour même, sans envoyer de message à l’avance pour qu’on puisse prendre ses dispositions. Et c’est du vol: si je veux récupérer l’affichage de mes photos, je devrai payer 399$ par an !

J’étais passée depuis quelques mois à un hébergement sur flickr suite aux nombreux problèmes de Photobucket. Il ne me reste sans doute plus qu’à changer tous les liens des photos – ce qui prendra un temps conséquent – à moins que la société ne cède sous les commentaires véhéments de ses utilisateurs. J’ai un doute.

.38 Special

.38 Special

Les dernières semaines, avec la chaleur, j’ai cherché des recettes de cocktails rafraîchissants. Je suis tombée sur ce .38 Special de Matt Seiter, créé à l’époque où il travaillait au Sanctuaria de St. Louis. C’était le mois de novembre 2009 et il voulait une boisson qui, bien que froide, vienne réchauffer les mois d’hiver avec son mélange d’épices. Elle a été conçue un peu par hasard, un soir où des policiers de Saint-Louis venaient fêter la pension d’un de leurs collègues. Buvant d’habitude de la bière, un des flics s’est posé des questions en lisant la carte des cocktails, ne comprenant pas grand chose – il ne connaissait que les vodkas aromatisées qui ne s’y trouvaient pas. Seiter a alors conçu son nouveau cocktail qui a pris le nom d’une des armes utilisées par les policiers parce que « It has a small kick to it, but can definitely cause some damage ».

La recette vient de 1210 more very good cocktails dont je n’ai pas encore beaucoup parlé ici. C’est un gros volume un peu austère mais contenant de très nombreuses recettes facilement accessibles via un index détaillé d’ingrédients. Elle apparaît aussi sur ce site, dont j’ai résumé l’essentiel de l’histoire ci-dessus.

  • 4,5 cl de rhum jamaïcain Smith & Cross
  • 1,5 cl de crème de cacao blanche Marie Brizard (Monin)
  • 0,7 cl d’allspice dram St. Elizabeth (pimento dram The Bitter Truth)
  • 1,5 cl de jus de citron
  • 1,5 cl de jus de citron vert
  • 1,5 cl de sirop de cannelle (fait maison – un mélange de sirop de sucre et de cannelle, et non pas comme dans la recette originelle un mélange de plein de choses)
  • eau pétillante

Mettre tous les ingrédients dans un shaker (sauf l’eau pétillante) avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre de type collins rempli de glaçons, compléter avec l’eau pétillante et décorer d’un quartier de citron vert.

Difficulté: **** ce cocktail n’utilise pas des ingrédients très courants mais si vous préparez souvent des cocktails tiki, le pimento dram et le sirop de cannelle sont des ingrédients relativement souvent utilisés. Le rhum Smith & Cross est un classique que je n’ai découvert que fort tard mais il ne quittera plus mon bar.

Goût: un cocktail rafraîchissant mais un peu trop sucré à mon goût (sans doute la faute de mon sirop qui n’a pas des proportions 1/1 mais 2/1, doublant donc le sucre par rapport à l’eau). Le goût du rhum jamaïcain se mélange très bien à celui des épices.

Bitter Mai Tai

Bitter Mai Tai

Le Bitter Mai Tai est une variation du Mai Tai classique, un cocktail qui a été créé par Jeremy Oertel, barman newyorkais du Dram situé à Brooklyn. Sa première version contenait du bitter Angostura, mais comme cet ingrédient est coûteux, il l’a remplacé par du Campari.

La recette vient de Punch:

  • 4,5 cl de Campari
  • 2,2 cl de rhum jamaïcain, de préférence du Smith & Cross
  • 1,5 cl de curaçao (Pierre Ferrand)
  • 3 cl de jus de citron vert
  • 2,2 cl d’orgeat (Giffard)
  • de la menthe pour la garniture

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec quelques glaçons et secouer. Filtrer dans un verre de type old fashioned rempli de glace pilée. Compléter avec plus de glace pilée et décorer avec un brin de menthe.

Difficulté: **(*) pas très compliqué mais il est nécessaire de trouver un rhum jamaïcain au goût prononcé.

Goût: le goût du mai tai original est présent mais celui-ci est plus amer – évidemment – tout en restant exotique. Amandes, fruits (de la cerise notamment) et le goût très funky du rhum Smith & Cross sont à l’honneur. Je rééquilibrerais juste un peu la recette en diminuant légèrement la quantité d’orgeat mais c’est à tester selon les goûts de chacun.

Get Buck in Here

Get Buck in Here

Un cocktail frais, proposé par les barmans de l’Experimental Cocktail Club de Chinatown à Londres pour offrir une alternative au gin tonic mais qui est inspiré du gin buck classique (un buck est un cocktail combinant alcool et ginger ale).

La recette est tirée d’Experimental Cocktail Club:

  • 2,5 cl de gin Hendrick’s (Quaff Magazine propose une recette au Tanqueray)
  • 2,5 cl de Suze
  • 1 cl de jus de citron
  • 6 traits d’absinthe (Duplais)
  • ginger ale Fever Tree pour compléter (Fentiman’s – je n’avais plus de Fever Tree)
  • zeste de pamplemousse pour décorer

Mettre les ingrédients – sauf le ginger ale – dans un shaker avec des glaçons et secouer (une bonne règle est de compter 10 allers-retours). Filtrer dans un verre collins rempli de glaçons, compléter avec le ginger ale et décorer d’un zeste de pamplemousse.

Difficulté: *(*) plusieurs ingrédients à combiner mais tous sont trouvables en supermarché (au Delhaize en tous cas !), à part peut-être une vraie absinthe qui pourrait être remplacée par quelques gouttes de pastis (c’est ce que faisaient les barmans américains pendant la période ou l’absinthe était illégale).

Goût: un cocktail frais et complexe au goût un peu amer de la gentiane (il faut aimer) et qui laisse transparaître les notes herbacées du gin et de l’absinthe, complétés par les arômes du zeste de pamplemousse