Thai Zeed

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Même si les arbres prennent leurs couleurs automnales et que les feuilles rougissantes tombent peu à peu, je vous propose un cocktail estival, voire tropical. En préparant le Fishtank Cocktail m’est revenu à l’esprit un cocktail partant d’une idée similaire, le Thai Zeed. Ce n’est pas la soupe pho vietnamienne qui est à l’honneur ici mais bien le tom yam, la soupe thaïe à base de lait de coco. Le créateur du cocktail, Ben-David Sorum s’est inspiré du piment et de la Thaïlande. D’origine suédoise, il a été formé comme chef mais a préféré œuvrer au bar pour rencontrer les gens, d’abord en Suède, à Halmstad, une station balnéaire chic. Au départ, il a joué au Tom Cruise pour séduire les dames mais a très vite appris à mieux préparer les cocktails, devenant manager du bar et créant des boissons originales. Recherchant de nouveaux défis, il a rejoint son frère en Australie mais a été vite déçu de la scène locale et est parti pour Bangkok. Là, il s’intéresse aux produits locaux et concocte de nouvelles recettes inspirées par le pays. Il travaille dans divers bar, devient consultant pour le groupe d’hôtels Raffles, co-écrit un livre de recettes de cocktails et est aujourd’hui un des fondateurs des bars Lady Brett et U.N.C.L.E où il continue à expérimenter avec de nouvelles techniques et ingrédients. Le Thai Zeed est surprenant au premier abord et malgré certains ingrédients quelque peu démodés, c’est un excellent cocktail.

La recette se trouve dans Tipple thai. Creative cocktails inspired by thai fruits, herbs and alcohol

  • 3 cl de vodka infusée tom yam (recette ci-dessous)
  • 3 cl de Malibu (rhum infusé à la noix de coco)
  • un demi citron vert
  • 1 cl de sirop de sucre
  • limonade (sans doute du Sprite à la base, mais cela vaut la peine de choisir quelque chose de meilleure qualité, comme la Victorian lemonade de Fentiman’s)

Écraser le demi citron vert au fond d’un shaker, ajouter les autres ingrédients sauf la limonade. Secouer vivement avec des glaçons et verser dans un verre collins ou highball. Compléter avec la limonade et décorer avec un piment rouge et une rondelle de citron vert.

Vodka tom yam (proportions pour une bouteille de 70 cl qu’il est évidemment possible de diviser)

  • 3 piments thaïs légèrement incisés pour mieux diffuser leur goût
  • 5 feuilles de citronnier kafir
  • 4 tranches de gingembre
  • 2 ou 3 brins de coriandre
  • 1 tige de 15 cm de citronnelle / lemongrass
  • 1 bouteille de vodka (de base)

Mettre tous ces ingrédients dans une carafe d’un litre et laisser reposer environ une semaine à température ambiante puis filtrer.

Difficulté: *** il faut préparer la vodka infusée, ce qui prend évidemment un peu de temps et encore posséder du Malibu, ce rhum à la noix de coco passé de mode.

Goût: complètement étonnant, ce cocktail fait penser à une soupe tom yam thaïe, avec son goût piquant, citronné et de noix de coco.

Marius in Bangkok

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Pour ma deuxième recette aux litchis, j’ai choisi de réaliser une recette qui me tentait depuis longtemps: le Marius in Bangkok. C’est une création de Julien Escot, fondateur du bar à cocktails Papa Doble à Montpellier. L’origine de ce cocktail remonte à 2008 alors qu’il travaillait à l’hôtel Kilimandjaro et si j’ai bien compris, il ne contenait pas de liqueur Saint-Germain au départ.

La recette vient de Cocktails. Leçons de dégustation de Julien Escot:

  • 40 ml de vodka (Zubrowka)
  • 20 ml de liqueur de sureau Saint-Germain
  • 5 ml de pastis (Pernod)
  • 20 ml de jus de citron vert pressé
  • 30 ml de jus de cranberry
  • 1 trait de blanc d’oeuf (j’ai omis cet ingrédient par facilité)
  • 3 litchis frais dénoyautés
  • étoile de badiane pour la garniture

Dans le fond d’un shaker, écraser les litchis au pilon puis ajouter les autres ingrédients avec beaucoup de glaçons. Secouer vivement (en général, je compte lentement jusque 10). Filtrer à travers une passoire et servir dans un verre à cocktail ou à martini. Décorer avec la badiane ou anis étoilé.

Difficulté: *** La saison des litchis frais est courte, il faut choisir le bon moment. Des litchis en boîte ne donneraient pas le même goût, ce serait plus sucré et moins délicat. J’ai omis le blanc d’oeuf parce qu’il faut des oeufs très frais et autre chose à faire avec le jaune, ce qui n’était pas mon cas. Cet ingrédient n’ajoute rien au goût mais change légèrement la texture, donne une certaine rondeur et onctuosité, et surtout ajoute une jolie mousse sur laquelle reposer l’étoile de badiane.

Goût: c’est un cocktail fort différent et assez spécial, très frais et exotique. A mon goût, 5 millilitres de pastis, c’est un peu trop parce que le côté anisé domine et efface le goût délicat des litchis. Peut-être que quelques gouttes pourraient suffire ? Mais tant que je n’ai pas bu la version originale, je ne pourrai pas juger.

Post-scriptum: la recette apparaît également dans le tout nouveau livre de Julien Escot, Cocktail now ! et il y a quelques petites différences: le trait de blanc d’oeuf devient 10 ml, la quantité de vodka est augmentée et surtout le pastis est remplacé par du sirop de pastis, un mélange de sucre, d’eau et de pastis. Bref, une recette que devrai tester une nouvelle fois !

Re-post-scriptum: c’est en voulant publier cette recette que je me suis posée la question des droits d’auteur. J’aurais déjà pu me la poser pour les recettes américaines mais celle-ci est beaucoup plus proche. Plusieurs personnes et google m’ont confirmé qu’il n’y avait aucun problème à les publier vu qu’il s’agit de procédés. Ce lien-ci l’explique de manière juridique, celui-là explique l’autre côté, ou comment comme blogueur de recettes de cuisine protéger son contenu.

 

Big Cosmo is Dead

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Le hasard fait bien les choses: en feuilletant le livre de l’Experimental Cocktail Club, j’ai trouvé une recette inspirée par le Cosmopolitan, une recette qui le modernise. Il me manquait juste les bitters à la cerise qui ont complété une commande récente d’alcools. Le Big Cosmo is Dead est servi au Ballroom, un bar à cocktail parisien caché sous un restaurant. Il peut également être servi sous forme de punch.

Voici la recette (j’ai légèrement changé les mesures, suite à un problème de concordance entre onces et millilitres):

  • 10 ml de falernum (Taylor’s Velvet Falernum)
  • 30 ml d’Aperol
  • 30 ml de jus de citron vert pressé
  • 30 ml de vodka Zubrowka (nature, pas bison)
  • 2 jets de cherry bitters (Fee Brothers)

Verser tous les ingrédients dans un shaker rempli de glaçons et secouer jusqu’à refroidissement. Filtrer dans un verre à whisky.

Difficulté: *** Deux ingrédients ne sont pas courants, le falernum et les bitters à la cerise, mais ils y a des recettes pour en fabriquer soi-même. J’utilise en général mon falernum maison mais le fait d’acheter une bouteille m’a permis de comparer le goût (le mien est moins sucré et plus alcoolisé pour des raisons de conservation).

Goût: bien que les ingrédients diffèrent, on retrouve la gamme de goûts du Cosmopolitan, mais en version plus amère. Ce qui plaira sans doute plus à un public qui préfère des cocktails moins sucrés.

Cosmopolitan

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Pourquoi parler du Cosmopolitan, ce cocktail très girly et si populaire dans les années 1990 et 2000 ? Parce qu’une amie me l’a demandé: c’est son cocktail préféré et elle aimerait en connaître l’histoire. Parce qu’il fait partie des premiers cocktails que j’ai bus, puis préparés. Et parce que ses ingrédients se trouvent partout et qu’il est facile à réaliser. En faisant des recherches, j’ai eu la surprise de constater que je n’avais jamais bu un « vrai » cosmo, juste des versions simplifiés: ce n’est pas de la vodka nature qui doit être utilisée mais de la vodka citron.

Pour raconter son histoire, je pourrais remonter aux années 1930 comme le propose wikipedia mais même si la recette est proche, le sirop de framboise n’est pas du jus de cranberry et le gin n’est pas de la vodka. Diverses sources renvoient à des créations dans les années 70 mais ce serait à Cheryl Cook (Strand Restaurant, South Beach, Floride) que reviendrait la paternité (ou plutôt maternité). Elle raconte avoir créé le cocktail en 1985 ou 86, remarquant qu’il était bien vu d’avoir un verre de martini à la main dans son bar. Sauf que beaucoup de clients ne vidaient pas leur verre et elle a donc voulu composer un cocktail qui plairait à plus de monde, combinant de l’Absolut Citron, du triple sec, du Rose’s lime juice (un mélange un peu artificiel à base de jus de lime) et juste assez de jus de cranberry pour que le mélange devienne rose. Et bien que l’Absolut Citron n’ait pas vu le jour avant 1988, il a été testé dans la région de Miami. Bref, cela reste plausible.

Dans les années 1970, il existait une recette proche qui était servie dans les bars gay de San Francisco, à base de vodka, Rose’s lime juice et grenadine. En 1987-88, Toby Cecchini (Manhattan) recrée cette recette qu’il a découvert par l’intermédiaire de Melissa Huffsmith du bar The Odeon (Manhattan), ajustant les proportions et utilisant du Cointreau et de l’Absolut Citron. C’est cette recette qui est devenue le standard international. Dans les années 90, Dale DeGroff, alors barman au Rainbow Rooms de Manhattan, s’empare de la recette et la rend populaire, notamment grâce à l’entremise de Madonna. Dès 1998, le cocktail devient encore plus célèbre, grâce aux filles de Sex and the city.

Je me suis basée sur la recette citée dans The joy of mixology de Gary Regan, un bon recueil de base.

  • 1,5 oz de vodka citron (0,5 oz de vodka infusée – un peu trop longtemps – aux feuilles de kaffir de fabrication maison et le reste de vodka polonaise Zubrowka – nature, pas à l’herbe bison)
  • 1 oz de triple sec (Triple Sec Trois Citrus Merlet)
  • 0,5 oz de jus de citron vert pressé
  • 1 ou 2 jets de jus de cranberry, juste assez pour donner la couleur rose

Verser tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre à martini et garnir d’un quartier de citron vert.

Difficulté: ** La version à la vodka nature est simplissime. La vodka citron est à peine plus difficile à trouver et il y a moyen d’en réaliser soi-même en faisant infuser une semaine le zeste d’un citron dans une bouteille (je n’ai pas testé). Le plus souvent, c’est du Cointreau qui est utilisé, la marque ayant d’ailleurs fait beaucoup de promotion pour ce cocktail.

Goût: la version préparée ci-dessus est déjà un peu moins fade que l’originale à la vodka nature et moins sucrée qu’avec du Cointreau. Les divers éléments ont un peu plus de goût. Le Cosmopolitan est devenu un grand classique, au goût de beaucoup de monde, il ne fait juste pas partie de mes préférés.

Je reviens très vite avec une variante très récente.