Little Polynesian

Little Polynesian

Comme il me restait des kumquats, j’ai cherché d’autres recettes et grâce au moteur de recherche de l’app Total Tiki, j’ai trouvé le Little Polynesian, un cocktail néo-tiki. Il a été créé en 2007 par Sean Muldoon alors qu’il travaillait au bar du Merchant Hotel de Belfast. Prenant son métier très au sérieux, c’est dans ce bar que Muldoon a déniché puis utilisé un bouteille de rhum Wray & Nephew de 17 ans d’âge pour son Mai Tai. Ce rhum n’est plus produit depuis très longtemps mais est l’ingrédient d’origine de ce cocktail, tel qu’il a été créé par Trader Vic. Il fallait évidemment débourser une somme certaine pour pouvoir le goûter. Le Little Polynesian ne coûte pas aussi cher et est une création intéressante de Muldoon qui partira par la suite aux Etats-Unis pour créer le Dead Rabbit à New York.

La recette se trouve dans Beachbum Berry remixed:

  • 2,5 cl de jus de citron vert
  • 2 cl de rhum jamaïcain Appleton V/X
  • 2 cl de rhum jamaïcain brun (Smith & Cross)
  • 1 cl de curaçao orange (Pierre Ferrand)
  • 1 cl de sirop de sucre demerara (sirop de sucre blanc – je n’avais pas de demerara sous la main ni le temps d’en fabriquer à ce moment-là)
  • 2 kumquats frais, coupés en quartiers

Ecraser les kumquats avec le jus de citron vert au fond d’un shaker. Ajouter les autres ingrédients ainsi que des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre old-fashioned rempli de glaçons et décorer d’une tranche de citron vert et de deux disques de kumquat.

Difficulté: **** un cocktail de saison qui demande deux rhums particuliers.

Goût: un cocktail frais, au goût d’agrumes, mais aussi herbacé grâce à l’utilisation du rhum jamaïcain Smith & Cross qui a un goût assez puissant (le goût aurait été totalement différent avec un Myer’s par exemple). Très légèrement sucré, il y possède également quelques notes d’amertume.

Sage Bon Vivant

Sage Bon Vivant
Cet été, vu l’abondance de sauge dans mon jardin, j’ai préparé de la liqueur de sauge mais je n’avais pas encore eu l’occasion de l’utiliser. Ce n’est pas un ingrédient courant dans les cocktails mais je me souvenais l’avoir vu quelque part sans retrouver la recette en question. Et puis, je suis tombée par hasard sur le Sage Bon Vivant, un cocktail néo-tiki créé en 2008 par Stanislav Vadrna, un inventeur et connaisseur d’alcools basé à Bratislava en Slovaquie. A la demande de Jeff Berry qui cherchait des cocktails exotiques aux ingrédients inédits, il a proposé cette recette contenant de la liqueur de sauge, la décrivant comme « le meilleur short drink tropical aphrodisiaque ».

La recette se trouve dans Beachbum Berry remixed de Jeff Berry.

  • 2 feuilles de sauge (plus une pour la décoration)
  • 2 petits cubes d’ananas frais
  • 1 cl de sirop de sucre
  • 2 cl de jus de citron vert
  • 2,5 cl de liqueur de sauge maison
  • 5 cl de rhum Havana Club 5 ans (qui a l’air de correspondre au Havana Club Añejo Especial)

Dans le shaker, écraser la sauge, l’ananas et le sirop de sucre. Ajouter les autres ingrédients et des glaçons puis secouer. Filtrer à travers une fine passoire et servir dans un verre à cocktail. Décorer avec une feuille de sauge flottant sur la boisson.

Difficulté: *** il faut préparer sa propre liqueur de sauge mais ce n’est pas très compliqué (voici un exemple de recette).

Goût: un cocktail sucré (trop ?) et un peu médicinal à cause de la sauge. Pas que ce soit dérangeant: cela a un côté exotique totalement insolite parce qu’on ne repère pas tout de suite l’origine de ce goût.

Division Bell

Division Bell – un album de Pink Floyd mais aussi un cocktail ! Le premier est l’inspiration du second: Philip Ward l’écoutait en boucle à l’époque où il a ouvert à New York le bar Mayahuel spécialisé en agave (en 2009). Ce cocktail faisait partie de la carte originale et a été conçu comme un Last Word, utilisant des quantités égales de quatre ingrédients. Les proportions ont ensuite été ajustées pour un meilleur équilibre.

Une recette que j’ai trouvée dans The cocktail chronicles de Paul Clarke (j’utilise de plus en plus souvent ce livre – il comporte beaucoup de recettes classiques mais aussi contemporaines faciles à préparer):

  • 1 oz (3 cl) de mezcal (Los Siete Misterios – Mezcal Joven)
  • 0,75 oz (2,2 cl) de jus de citron vert
  • 0,75 oz (2,2 cl) d’Aperol
  • 0,5 oz (1,5 cl) de liqueur de marasquin (Luxardo)

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre à cocktail refroidi et décorer d’un zeste de pamplemousse.

Difficulté: *** L’Aperol est devenu très populaire grâce au Spritz mais se combine très bien dans diverses recettes. Cherchez la liqueur de marasquin Luxardo (et non d’autres marques – celle de Giffard par exemple est bonne mais manque de profondeur) car elle est utilisée dans de nombreux cocktails anciens et un goût fumé caractéristique. Quant aux mezcals, évitez à tout prix ceux avec un ver au fond de la bouteille – c’est un signe de mauvaise qualité. Il faudra débourser une certaine somme (minimum 40 euros) mais cela vaut la peine. J’ai acheté le mien au Chemin des Vignes et il fait partie de toute une collection de mezcals de diverses origines.

Goût: un cocktail fumé – l’association mezcal et marasquin – mais aussi acide, amer et fruité. Bref, de nombreuses dimensions.

Thai Zeed

Même si les arbres prennent leurs couleurs automnales et que les feuilles rougissantes tombent peu à peu, je vous propose un cocktail estival, voire tropical. En préparant le Fishtank Cocktail m’est revenu à l’esprit un cocktail partant d’une idée similaire, le Thai Zeed. Ce n’est pas la soupe pho vietnamienne qui est à l’honneur ici mais bien le tom yam, la soupe thaïe à base de lait de coco. Le créateur du cocktail, Ben-David Sorum s’est inspiré du piment et de la Thaïlande. D’origine suédoise, il a été formé comme chef mais a préféré œuvrer au bar pour rencontrer les gens, d’abord en Suède, à Halmstad, une station balnéaire chic. Au départ, il a joué au Tom Cruise pour séduire les dames mais a très vite appris à mieux préparer les cocktails, devenant manager du bar et créant des boissons originales. Recherchant de nouveaux défis, il a rejoint son frère en Australie mais a été vite déçu de la scène locale et est parti pour Bangkok. Là, il s’intéresse aux produits locaux et concocte de nouvelles recettes inspirées par le pays. Il travaille dans divers bar, devient consultant pour le groupe d’hôtels Raffles, co-écrit un livre de recettes de cocktails et est aujourd’hui un des fondateurs des bars Lady Brett et U.N.C.L.E où il continue à expérimenter avec de nouvelles techniques et ingrédients. Le Thai Zeed est surprenant au premier abord et malgré certains ingrédients quelque peu démodés, c’est un excellent cocktail.

La recette se trouve dans Tipple thai. Creative cocktails inspired by thai fruits, herbs and alcohol

  • 3 cl de vodka infusée tom yam (recette ci-dessous)
  • 3 cl de Malibu (rhum infusé à la noix de coco)
  • un demi citron vert
  • 1 cl de sirop de sucre
  • limonade (sans doute du Sprite à la base, mais cela vaut la peine de choisir quelque chose de meilleure qualité, comme la Victorian lemonade de Fentiman’s)

Écraser le demi citron vert au fond d’un shaker, ajouter les autres ingrédients sauf la limonade. Secouer vivement avec des glaçons et verser dans un verre collins ou highball. Compléter avec la limonade et décorer avec un piment rouge et une rondelle de citron vert.

Vodka tom yam (proportions pour une bouteille de 70 cl qu’il est évidemment possible de diviser)

  • 3 piments thaïs légèrement incisés pour mieux diffuser leur goût
  • 5 feuilles de citronnier kafir
  • 4 tranches de gingembre
  • 2 ou 3 brins de coriandre
  • 1 tige de 15 cm de citronnelle / lemongrass
  • 1 bouteille de vodka (de base)

Mettre tous ces ingrédients dans une carafe d’un litre et laisser reposer environ une semaine à température ambiante puis filtrer.

Difficulté: *** il faut préparer la vodka infusée, ce qui prend évidemment un peu de temps et encore posséder du Malibu, ce rhum à la noix de coco passé de mode.

Goût: complètement étonnant, ce cocktail fait penser à une soupe tom yam thaïe, avec son goût piquant, citronné et de noix de coco.

Experience No. 3

Ouvert à Paris en 2007, l’Experimental Cocktail Club présente des réinterprétations de classiques et des cocktails originaux. Une première recette a été nommée Experience No.1 (à base de vodka) et depuis elle a été déclinée dans diverses versions, à partir d’alcools différents. Le troisième de la série prend le pisco comme alcool de base et j’ai choisi celle-là parce que c’est un alcool peu utilisé, à part dans le célèbre Pisco Sour. Fabriqué à partir de raisin, comme le brandy ou le cognac, il est originaire du Pérou et du Chili, les deux pays revendiquant sa paternité.

La recette se retrouve dans le livre du bar, Experimental Cocktail Club:

  • 1 tige de citronnelle asiatique (lemongrass), la grosse partie
  • 2 cl de jus de citron
  • 2 cl de cordial au sureau (elderflower cordial Marks & Spencer)
  • 5 cl de pisco (Demonio de los Andes)
  • 2 feuilles de basilic (+ 1 pour la décoration)

Écraser légèrement la citronnelle pour en extraire toutes les saveurs et la mettre dans un shaker avec les autres ingrédients et des glaçons. Secouer vigoureusement et filtrer dans une coupe refroidie. Décorer d’une feuille de basilic.

Difficulté: **(*) le pisco se trouve facilement chez des cavistes ou en ligne, le cordial de sureau se vend chez Marks & Spencer et dans des magasins spécialisés.

Goût: un cocktail qui m’a un peu déroutée, assez acide mais en même temps très végétal et floral.

Eastside

Une canicule en septembre ? Il suffit de boire un cocktail rafraîchissant ! L’Eastside dans la version présentée ci-dessous (il existe d’autres recettes très proches) a été créé en 2004 par George Delgado, du Libation à New York. C’est une variante du Southside, mettant en avant le gin Hendrick’s au début de sa popularité grandissante. Il a voyagé dans divers bars de New York, avec quelques variations, notamment dans le dosage du sucre et du citron. Au Milk & Honey par exemple, les proportions de sucre et de citron sont inversées, ce qui contribue certainement à en faire un cocktail moins sucré.

La recette se retrouve dans l’app Modern Classics:

  • 2 tranches de concombre
  • 2 brins de menthe
  • 2 oz (6 cl) de gin Hendrick’s
  • 1 oz (3 cl) de sirop de sucre (j’ai diminué à 2 cl)
  • 0,75 oz (2,2 cl) de jus de citron vert

Dans un shaker, écraser la concombre et la menthe. Ajouter ensuite les autres ingrédients et des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre collins et ajouter de l’eau pétillante. Décorer avec une rondelle de concombre et un brin de menthe.

Difficulté: ** bien que le gin Hendrick’s soit recommandé pour son association avec le concombre, n’importe quel gin fera l’affaire.

Goût: même en diminuant la quantité de sirop, ce cocktail était encore bien trop sucré à mon goût ! A part ça, il est extrêmement rafraîchissant avec le concombre et le menthe qui jouent un beau rôle. De quoi varier de l’éternel mojito !

Kelly watch the stars

Créé par Julien Escot, ce cocktail m’a rappelé le Missionary’s Downfall qui associe également liqueur de pêche et menthe.

  • 4 cl de gin (Bulldog)
  • 1 cl de vermouth dry (Dolin Dry)
  • 1,5 cl de crème de pêche de vigne (liqueur de pêche Monin)
  • 2 cl de jus de citron
  • 1 jet de Suze Red Aromatic Bitters (Angostura Bitters)
  • 8/10 feuilles de menthe et un brin pour décorer

Verser tous les ingrédients, y compris la menthe, dans un shaker rempli de glaçons et secouer fortement. Filtrer (avec une passoire très fine) dans le verre de service (le livre le présente dans une petite flûte à champagne). Décorer avec le brin de menthe.

Difficulté: *** Gin et vermouth sont des ingrédients usuels. La liqueur de pêche de Monin a un goût très naturel – je pense l’avoir achetée au Delhaize mais j’ai l’impression qu’elle n’y est plus vendue. Je n’ai pas de bitters Suze, développés par Julien Escot lui-même. Je n’ai d’ailleurs pas trop prêté attention à cet ingrédient en préparant le cocktail et c’est la raison pour laquelle il est moins rose que sur la photo. Les Red Bitters sont composés de gentiane, muscade et anis et pourraient être remplacés par des bitters Peychaud.

Goût: un cocktail d’été au léger goût sucré et de pêche, ainsi que de menthe qui apparaît timidement.

A déguster en écoutant: