Stiggins’ Daiquiri #2

Stiggins’ daiquiri #2

Il y a deux ans, je vous présentais le Pineapple daiquiri; cette année, je vous propose une version un peu plus complexe qui a été créée par Jamie Boudreau pour son bar, le Canon, situé à Seattle. La recette vient de son livre, The Canon Cocktail book: recipes from the award-winning bar.

  • 6 cl de Pineapple Rum de Plantation
  • 2,2 cl de jus de citron vert
  • 1,5 cl de Chartreuse jaune
  • 2 traits d’Angostura
  • pour décorer: des feuilles de sauge ananas ou une tranche de citron vert

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans une coupe refroidie et décorer.

Difficulté: *** les ingrédients se trouvent chez les cavistes.

Goût: ce cocktail omet le sucre, et bien que le rhum à l’ananas et la Chartreuse soient doux, le résultat final reste un peu acide. A part cela, les herbes de la liqueur se mélangent bien à l’ananas du rhum et complexifient le goût.

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Wicked Wahine

Wicked Wahine

Historiquement, les bars tikis étaient essentiellement concentrés aux Etats-Unis et il n’y en avait que peu sur les îles de l’Océan Pacifique, même à Hawaï. C’est aussi ce que s’est dit Brice Ginardi: il ne retrouvait pas de bars exotiques sur les îles tropicales et il a donc décidé d’ouvrir l’Okolemaluna Tiki Lounge à Kailua-Kona. Le Wicked Wahine est une de ses recettes, publiée sur le site du magazine Imbibe.

  • 4,5 cl de spiced rum (Captain Morgan)
  • 0.7 cl de falernum (Taylor’s Velvet Falernum)
  • 0.7 cl de jus de citron
  • 0.7 cl de jus de citron vert
  • 0.7 cl de sirop de fruit de la passion (Monin)
  • 0.7 cl de grenadine (Monin pomegranate)
  • 1 trait de bitters Peychaud

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons. Filtrer dans un verre à cocktail et décorer puis prendre en photo près d’une fleur exotique (cette étape est facultative).

Difficulté: **(*) le spiced rum le plus courant est le Captain Morgan et il est tout à fait honorable en goût. Le falernum se trouve (sur commande) chez des cavistes ou sur le net.

Goût: un cocktail très estival qui plaira à beaucoup pour son côté fruité et vanillé, très bonbon mais qui n’est pas trop sucré et même très légèrement acidulé.

Ranglum

Ranglum

Créé en 2006 par Gonçalo De Sousa Monteiro, alors barman au Victoria Bar de Berlin (et ayant travaillé également au bar Le Lion de Hambourg), le Ranglum est un cocktail inspiré des Caraïbes. Son nom est un hommage au musicien Ernest Ranglin que le barman écoutait en créant sa nouvelle boisson. La recette est très proche de celle du Royal Bermuda Yacht Club, chose que De Sousa Monteiro n’a réalisé que par la suite.

Voici la recette, d’après la vidéo ci-dessous:

  • 5 cl de rhum brun Goslings Black Seal
  • 2,5 cl de jus de citron vert
  • 2 cl de falernum (Taylor’s Velvet Falernum)
  • 1,5 cl de rhum jamaïcain blanc Wray & Nephew Overproof
  • un trait de sirop de sucre

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre old fashioned rempli de glaçons et décorer d’une tranche de citron vert.

Cette vidéo vous montre tout ceci en images:

Goût: un cocktail sucré et amer, et avec une belle dose de caramel. Ce cocktail ne m’a paru aussi bon que celui que j’avais vu au bar Le Lion à Hambourg, pourtant réalisé avec quasi les mêmes produits. Le falernum était différent (une marque allemande locale, si je me souviens bien) mais je me rends compte aussi que les proportions proposées dans l’app Modern Classics ne sont pas tout à fait les mêmes que celles citées ci-dessus. Pour info, voici la recette que j’ai réalisée:

  • 4,5 cl de rhum brun Goslings Black Seal
  • 1,5 cl de jus de citron vert
  • 1 cl de falernum (Velvet Taylor’s Falernum)
  • 1 cl de rhum jamaïcain blanc Wray & Nephew Overproof
  • pas de sirop de sucre

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la version de Hambourg au bar Le Lion

Daisy de Santiago

Daisy de Santiago

Le métier de rêve ? Ecrire sur la cuisine et les boissons tout en faisant le tour du monde. C’est ce que faisait Charles H. Baker (1895-1987) – il rédigeait des textes pour des magazines comme Esquire ou Gourmet et écrivait des livres. The Gentleman’s Companion (1946) rassemble des recettes de cocktails qu’il a trouvées à divers endroits, comme le Daisy de Santiago qui vient de Cuba.

La recette présentée ici a été adaptée par Martin Cate, dans Smuggler’s cove: exotic cocktails, rum, and the cult of tiki :

  • 3 cl de jus de citron vert
  • 1,5 cuillère à café de sirop de sucre demerara (sirop de canne blanc)
  • 3 cl d’eau pétillante
  • 1,5 cl de Chartreuse jaune
  • 4,5 cl de « blended lightly aged rum » (Havana Club 3 años)
  • de la menthe pour décorer

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons (j’ai omis l’eau pétillante que j’ai rajouté par la suite) et secouer. Filtrer dans un verre old-fashioned rempli de glace pilée. Décorer avec un brin de menthe.

Difficulté: **(*) peu d’ingrédients mais la Chartreuse jaune est moins courante que la verte. Elle se trouve cependant facilement chez les cavistes.

Goût: un cocktail frais et estival, dans la lignée des daiquiris, mais avec une profondeur certaine due aux herbes aromatiques de la Chartreuse. Légèrement sucré et anisé.

My Darling Clementine

My Darling Clementine

Quel cocktail préparer avec du jus de clémentine ? Chaque année je me pose la question et je ne trouve que peu de réponses. J’ai donc inventé un cocktail que j’ai nommé d’après le western de John Ford, La poursuite infernale ou My Darling Clementine.

  • 6 cl de rhum agricole vieux (Dillon)
  • 6 cl de jus de clémentine
  • 1,5 cl d’Ancho Reyes (liqueur de piments mexicaine)
  • 1,5 cl de jus de citron vert
  • 2 traits de bitters à la clémentine maison
  • 2 traits de bitters Angostura

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et secouer. Filtrer dans un verre à cocktail et décorer d’une tranche de citron vert.

Difficulté: *** l’Ancho Reyes se trouve chez les cavistes, le rhum vieux peut venir de différentes distilleries, comme Saint-James, Clement, etc.

Goût: le jus de clémentine est un peu fade et ne ressort pas fort dans ce mélange – il faut dire que le piment n’aide pas, de même que le goût herbacé du rhum agricole – mais c’est un cocktail frais et épicé qui se laisse facilement boire.

Hemingway in Europe

Hemingway in Europe

J’ai choisi ce cocktail parce qu’il permet d’utiliser de l’arrack, ce rhum indonésien qui a une longue histoire (David Wondrich en parle très bien dans cet article). Il a été créé par Patrick Williams, barman au Punch Bowl Social de Denver et j’ai trouvé comme souvent la recette sur le site Punch.

  • 4,5 cl de Batavia arrack (By the Dutch)
  • 0,7 cl de liqueur de marasquin (Luxardo)
  • 2,2 cl de sirop de pamplemousse (Monin)
  • 2,2 cl de jus de citron vert
  • décoration: brin de thym et zeste de pamplemousse

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons, secouer et filtrer dans une coupe refroidie. Décorer avec le thym et le zeste de pamplemousse.

Difficulté: autant l’arrack a pendant longtemps été difficile à se procurer, autant aujourd’hui ce n’est plus le cas: en effet, l’Indonesian Rum du Delhaize fera tout à fait l’affaire ou vous pouvez vous procurer l’arrack By the Dutch via leur page fb ou chez Drankgigant.

Goût: un cocktail qui ressemble fort à l’Hemingway daiquiri dont il est inspiré mais qui possède un goût plus fort, plus fumé, plus épicé à cause de l’utilisation d’arrack. Par contre, je l’ai trouvé trop sucré, un peu moins de sirop pourrait rééquilibrer le cocktail.

East India Negroni

East India Negroni

L’East India Negroni a été créé par Jim Meehan à l’automne 2009. Il s’est inspiré du grand classique qu’est le negroni pour composer une recette à base de rhum. C’est un sherry qui remplace le vermouth, mais un sherry particulier, l’East India Solera. Mélange d’oloroso et de Pedro Ximénez, il est vieilli dans une cave chaude et humide, dans des conditions qui ressemblent à celle d’un voilier en voyage transatlantique. N’essayez pas avec un autre sherry, vous obtiendrez un goût différent et le nom du cocktail perdra son sens.

J’ai trouvé la recette dans le tout nouveau livre de Jim Meehan, Meehan’s bartender manual:

  • 6 cl de rhum Banks 5-Islands (Meehan propose comme remplacement de l’Appleton Reserve ou du Mount Gay Black Barrel)
  • 2,2 cl de sherry East India Solera de Lustau
  • 2,2 cl de Campari
  • un zeste d’orange pour décorer

Verser tous les ingrédients avec des glaçons dans un verre à mélange et remuer pour refroidir. Verser dans un verre old fashioned contenant un grand glaçon. Décorer avec le zeste d’orange.

Difficulté: ce cocktail utilise un ingrédient particulier, le sherry East India Solera que j’ai trouvé sur le net. Le rhum Banks vient du même site, il me semble, mais doit se trouver chez des cavistes.

Goût: ce cocktail possède les caractéristiques du negroni mais les nuances sont différentes. Le rhum s’associe parfaitement bien au sherry et au Campari, créant un mélange sucré-amer avec une touche de noisette. Ce cocktail est de suite devenu un de mes favoris et la bouteille de sherry ne fera pas long feu.